Rocket League : bâti pour l’esport ?

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Rocket League est sorti en 2015, le jeu est édité et développé par Psyonix

Accessible, divertissant et fédérateur, Rocket League s’impose dans le paysage du gaming comme une franchise durable offrant à ces spectateurs une expérience plaisante bien loin de la complexité d’autres jeux à succès. A l’heure où certains s’interrogent sur la capacité de l’esport à élargir son contingent de spectateurs, Rocket League est peut-être le cheval sur lequel parier.

Si elles sont incroyablement divertissantes pour un spectateur averti, des licences telles que League of Legends ou Counter-Strike : Global Offensive sont difficilement accessibles et appréciables pour un spectateur lambda, leur compréhension requiert un degré certain de familiarité avec le jeu surtout lorsqu’il s’agit de games de très haut niveau qui sont souvent régies par des détails et des subtilités que même certains joueurs ne parviennent pas à saisir.

Rocket League en revanche brille par son accessibilité que le jeu combine parfaitement avec une expérience des plus agréables pour le spectateur. Le jeu repose sur des bases simplistes qui n’enlève rien à sa spectacularité. L’attrait à l’œil est immédiat, le jeu est cartoonesque voir presque enfantin tant son concept semble sorti tout droit de l’esprit d’un jeune homme qui combinerait ses passions pour le football et les petites voitures. Néanmoins, il faut y jouer pour en saisir la complexité. Il n’y à pas de chance dans Rocket League pas de mauvais « match up« , pas d’économie à faire ou de choix d’armes qui peuvent influer sur le cours de la partie, juste des joueurs au volant de leurs voitures qui possèdent tous les mêmes chances de succès. Tout ce qui compte au début d’une manche est la capacité des joueurs et la façon dont ils s’harmonisent.

DYNAMIQUE ET UNIQUE

Rocket League réussi cet étrange pari de ressembler à quelque chose de nouveau tout en empruntant des codes aux sports traditionnels les plus populaires du monde. Et c’est en cela, selon moi, que son avenir dans l’esport semble bien plus prometteur que des simulations de sports tels que FIFA ou NBA 2K. Car en découvrant Rocket League vous avez l’assurance de voir quelque chose que vous n’avez jamais vu de votre vie, le spectateur est embarqué dans un concentré d’actions de 5 minutes, il n’y a pas de temps morts, pas d’ennui juste la vision de voitures qui virevoltent dans une arène dans ce qui parfois ressemble à une élégante chorégraphie. Le jeu est spectaculaire et comme il est simple à comprendre ce n’est jamais dur d’être impressionné par la beauté de certaines actions et l’élégance de certaines combinaisons.

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Les français Victor « Fairy Peak » Locquet & Alexandre « Kaydop » Courant remportent la Saison 7 des Rocket League Championship Series au côté de l’écossais Kyle « Scrub Killa » Robertson.

UNE SCENE BIEN RODÉE

Et si la licence est attrayante, la qualité de la scène compétitive n’est jamais garantie. Construire une scène compétitive de qualité est un défi et le moins que l’on puisse dire est que celle de Rocket League est un succès continu. D’abord restreinte à des affrontements entre l’Europe et l’Amérique du Nord, le contingent de régions ayant accès aux RLCS Finals s’est élargi, intégrant l’Océanie en saison 3 et l’Amérique du Sud en saison 7. Le format est tout aussi dynamique que les rencontres avec 2 saisons par an pour couronner un champion. A l’intérieur des régions, les équipes s’affrontent continuellement dans des tournois à importance variables mais dont la récurrence permet un véritable engouement autour de la scène. Les équipes sont jugés sur la régularité pour pouvoir représenter leur région aux championnats du monde.

La recette fonctionne, l’audience augmente et une base de fan exponentielle se cristallisent, la finale de la Saison 8 a réuni 280 000 viewers, un chiffre qui grandit saison après saison (c’est 80 000 de plus qu’en saison 7). Néanmoins, les spectateurs actuels sont des passionnés d’esport, Rocket League prêche des convertis mais Psyonix semble bien avoir l’intention d’en faire une licence accessible à une audience mainstream.

Et pour cela, elle en a étendu la diffusion, ESPN a diffusé la finale du Spring Split d’Amérique du Nord et BBC Sport a diffusé l’entièreté du Spring Split Européen, le résultat fut mitigé. Il a fallu concilier le style explosif des casteurs habituels du jeu avec une approche plus simpliste pour permettre aux nouveaux spectateurs d’avoir une entrée en douceur dans le monde de l’esport. Pour se faire, ESPN a appelé Landon Donovan (footballeur professionnel), qui n’avait aucune connaissance sur le jeu ce qui a entrainé une expérience plus que mitigée pour les spectateurs. Ce broadcast a déplu aux fans les plus aguerris et n’a probablement pas aidé de nouveaux spectateurs à se familiariser avec la licence. Néanmoins, tout n’est pas à retirer dans cette expérience mais, comme le préconisent certains, il faut que Psyonix trouve la recette pour effectuer un entre-deux.

JUSQU’OU PEUT PROGRESSER LA LICENCE ?

S’appuyant sur un écosystème stable et un jeu attractif, Psyonix ne se fixe pas de limites quant à la marge de progression de sa scène compétitive. Rocket League peut s’appuyer sur sa fanbase exponentielle et sa capacité à créer du storytelling pour se développer mais pour attirer une nouvelle audience, la licence devra probablement faire des concessions. Il faut savoir créer une émulsion chez les non-initiés et quelques pistes peuvent être à explorer.

En Europe, des noms réputés comme le FC Barcelone ou l’AS Monaco se sont dernièrement retirés du jeu, un coup dur pour la visibilité de Rocket League qui voit deux grands noms du sport traditionnel s’éloigner de la scène. Néanmoins c’est un schéma vers lequel Psyonix devrait se tourner, notamment pour la scène Nord-Américaine, il parait important de réussir à attirer des organisations déjà établies dans le monde du sport pour pouvoir capitaliser sur leurs renommées et attirer l’œil de leurs fans, cela devant bien sûr être concilié avec la sauvegarde des organisations déjà en place qui font vivre la scène de l’intérieur.

Quant à la diffusion, Rocket League doit s’interroger sur les potentielles limites d’une diffusion sur les plateformes web (s’il y en a), pour ma part, je considère possible d’attirer les fans de sport plus traditionnels sur Twitch ou Youtube mais la présence de la licence sur des chaines de télévision est nécessaire pour en faire la promotion et conquérir ce nouveau public. C’est encore une fois un entre-deux qu’il faudra trouver car l’expansion vers une nouveau public ne doit pas se faire au détriment des fans qui font vivre Rocket League.

Quoi qu’il en soit, c’est un défi énorme qui attend Rocket League mais je suis persuadé que le jeu parviendra à se développer rapidement et exponentiellement.

Où pourrait rebondir Perkz ?

Si la volonté du joueur croate de retrouver la midlane n’était inconnue de personne, la rumeur enflante de son départ de G2 Esports est un choc pour celui autour duquel se sont formés tout les rosters de l’organisation espagnole. Si cette rumeur venait à se confirmer, quelle équipe pourrait s’attacher les service de Perkz ? Voici quelques pistes.

FNATIC : L’ETERNEL RIVAL

Fnatic va très probablement se séparer de Nemesis suite à des performances en deçà des attentes qui reposent sur tout les joueurs d’une telle équipe. Le slovène n’a jamais réussi à pleinement remplacer Caps et seul un très bon midlaner le pourrait. Si il existe des rumeurs qui lient LIDER à Fnatic, on les voit mal ne pas tenter de recruter celui qui est toujours l’un des tout meilleurs à son poste en Europe s’il venait à quitter G2 Esports. On retrouverait alors un roster de Fnatic qui pourrait clairement concurrencer celui de G2 Esports et qui promettrait des finales grandioses. On se doute que Perkz aurait alors à cœur de prouver que l’équipe aurait du le conserver.

TSM : EN QUETE D’UN NOUVEAU CARRY

La retraite de Bjergsen en tant que joueur va faire mal à TSM. Le danois a littéralement porté son équipe à bout de bras pendant les playoffs et les a emmené aux Worlds. Il est probablement le joueur le plus emblématique des LCS et il faudra bien du courage au joueur qui le remplacera pour assumer son rôle. TSM a les moyens financiers d’attirer Perkz sans aucun doute et ce serait là une opportunité pour le joueur d’ajouter une ligne à son palmarès déjà très étoffé. Néanmoins, les passages aux Etats-Unis n’ont pas souvent réussi aux joueurs Européens, l’échec récent de Broxah pourrait servir d’avertissement à Perk. Ce serait au moins l’assurance pour lui de recevoir un énorme chèque même si ce serait une grande perte pour les LEC.

CLOUD9 : LE « DARK HORSE »

Il y à quelques jours, Travis Gafford a déclaré qu’une rumeur circulait indiquant que Nisqy ne ferait peut être pas partie du roster de Cloud9 la saison prochaine. Avec le départ déja annoncé de Licorice la masse salariale de Cloud9 a du chuter considérablement, peut être suffisamment pour s’attirer les service de Perkz. Il pourrait y retrouver Zven avec lequel il avait remporté 3 split de LEC ( summer 2016, spring 2017 & summer 2017). Si elle semble être l’option la plus faible des trois, elle n’est pas à exclure.

Quoi qu’il advienne, ce ne sont pour le moment que des spéculations. Aucune annonce officielle n’a été faite ni par G2 Esports, ni par Perkz lui même. Si cette rumeur se confirme, elle pourrait enflammer cette période de transfert et rabattre beaucoup de cartes.

Cabochard : l’abeille originelle

C’est avec beaucoup d’émotions que l’on sait sincère que Fabien « Néo » Devide, co-propriétaire et président de Vitality a annoncé dans une interview pour l’émission VIP avec Orange que cette saison marquerait la « fin d’un cycle avec Cabochard ». Celui qu’il décrit comme « son capitaine » a fait parti de tout les rosters de Vitality depuis l’intégration de la structure française au plus haut niveau de la compétition européenne. Si il est aussi ému, c’est par ce que la « ruche » se sépare de son plus emblématique et fidèle joueur.

Aujourd’hui, alors que les chemins de Vitality et Lucas « Cabochard » Simon-Meslet se séparent, il faut rendre hommage à celui que la scène appelle affectueusement Cabo, histoire d’un joueur discret et apprécié qui aura marqué la scène par sa longévité et sa constance et qui, on le lui souhaite, saura trouver du succès dans une autre équipe.

Lucas « Cabochard » Simon-Meslet, joueur Vitality depuis la saison 2016

Cabochard apparait au plus haut niveau européen en 2014, lors de la cinquième semaine du Summer Split où il est temporairement sollicité pour jouer deux matchs pour le roster de Gambit Gaming. L’équipe russe est alors en perdition et cherche de nouveaux repères pour sortir la tête de l’eau dans un split qu’elle finira avant-dernière. La présence du toplaner français ne suffit pas et l’équipe perd les deux matchs dans lesquels il fait une apparition. Ce remplacement est immédiatement écourté et Cabochard rebondit chez Ninjas in Pyjamas, une organisation suédoise qui cherche à se qualifier pour les EU LCS. Mais là encore, malgré un parcours prometteur, l’équipe échoue à se qualifier de peu. L’organisation se sépare de son équipe de League of Legends (ils réapparaitrons en 2017) et Cabochard est approché puis recruté par une organisation qu’il connait bien, Gambit Gaming.

Et c’est dans ce roster que Cabochard trouvera sa première année stable en EU LCS dans une équipe ou il rejoint le légendaire Danil « Diamondprox » Reshetnikov . Il ne sera pas remplacé de la saison (ni pour le reste de sa carrière d’ailleurs) et après un Spring prometteur (l’équipe finit 4e de la saison régulière et 6e des playoffs), l’équipe s’écrase quelque peu et finira le Summer Split à la 8e position, synonyme de barrages pour conserver sa place dans la ligue. Gambit parviendra à conserver son « spot » en EU LCS en écrasant mousesports dans un match de barrage sans contestation . Si la saison n’a pas tourné comme l’équipe l’espérait, Cabochard a crevé l’écran. Voté comme le deuxième meilleur toplaner de la saison derrière l’invaincu Heo « Huni » Seung-hoon (jouant pour Fnatic venant d’effectuer le seul split parfait de l’histoire de la région), c’est sans surprise que lorsque Vitality rachète le « spot » de Gambit Gaming, l’écurie française décide de récupérer Cabochard par la même occasion et de construire une équipe autour de celui qui deviendra son joueur emblématique.

Le premier roster de Vitality, avec Cabochard au premier plan, suivi dans l’ordre de KaSing (support), Shook (jungle), Hjarnan (botlane) et Nukeduck (midlane).

Le roster montre des promesses, l’équipe finit 3e de sa première saison régulière et malgré une élimination précoce en playoffs aux mains de Fnatic, il est clair que le potentiel est là. Cabochard est élu meilleur toplaner de la ligue pour ce split et tout semble indiquer que l’équipe à tout pour briller. Malheureusement, le Summer Split est décevant et l’équipe ne parvient pas à se qualifier pour les playoffs. Cela marque le début d’un passage compliqué pour l’écurie Vitality, des changements de roster ont lieu et seuls Cabochard et Nukeduck conservent leurs places. Malheureusement, les remaniements ne suffisent pas et Vitality traverse l’année 2017 de façon fantomatique, des changements profonds doivent être opérés. C’est dans cette optique que l’équipe engage son nouveau coach, le suédois Jakob « YamatoCannon » Medbi qui va totalement reconstruire le roster et la philosophie de l’équipe autour de son leader et seul rescapé, Cabochard.

Et pour se faire, Vitality achète 4 des 5 membres de l’équipe Giants Gaming, un roster qui vient tout juste de se qualifier pour les EU LCS et qui a montré de très belles choses tout au long de sa phase qualificative. Accompagné de Gilius (jungle), Jizuke (midlane), Minitroupax (désormais nommé Attila en botlane) et Jactroll (support), Cabochard et Vitality vont écrire la plus belle page de l’histoire de l’équipe et gagner le respect et l’admiration de tous.

Le roster 2018 de Vitality encadré par son coach YamatoCannon. Kikis (deuxième joueur en partant de la droite) fera son apparition dans la jungle au Summer Split.

L’équipe profite alors de la synergie déjà établie entre ces 4 nouveaux joueurs et de la solidité de Cabochard pour développer son nouveau style. Cabochard prend alors un rôle de pilier et d’assurance pour le late game et permet au reste des joueurs de développer un style de jeu explosif recherchant sans cesse le combat dans une volonté de ne pas laisser respirer leurs adversaires. Cette stratégie est non seulement efficace mais elle facilite l’émergence de Daniele « Jizuke » di Mauro qui démontre des qualités individuelles prodigieuses. L’équipe finira 4e de son premier split et de ces premiers playoffs et à la faveur d’un changement de jungle (Kikis remplace Gilius), elle parviendra à se hisser sur le podium des playoffs pour la première fois de son histoire et à se qualifier pour sa première compétition internationale : les Worlds 2018.

Placé dans le « groupe de la mort » aux cotés de Royal Never Give Up (les favoris annoncés de la compétition), Gen G (les champions du monde sortant) et Cloud 9 (futur demi-finaliste du tournoi), beaucoup d’analystes et de fans ne voyaient pas Vitality faire illusion bien longtemps sur la scène internationale mais la prestation qui a suivi aura permis d’inscrire le nom de Vitality dans l’histoire de la compétition et aura donné du volume à son roster. Dans ce qui restera probablement l’une des fins de match les plus légendaires de l’histoire du jeu, Vitality fait chuter Gen G dès le premier jour de la compétition lorsque suite à un match à couteaux-tirés, Attila et Jizuke réussissent un backdoor et font tomber le nexus de l’équipe coréenne. Devant un public médusé, Vitality réussit un exploit aussi phénoménal qu’inattendu et désormais, tout les fans à travers le monde découvrent cette équipe et leur style si particulier.

Si l’équipe échouera à une victoire près de sortir de sa poule, elle ne sera pas éliminée dans l’anonymat. Vitality peut désormais associer son nom à son nouveau prestige qu’elle a acquis sur la plus grand scène possible. Cabochard pour sa part, livre des prestations de qualités, le monde a découvert qu’il était un excellent toplaner, un solide et fiable joueur qui a les épaules pour conduire son équipe au succès. Cette performance et cette saison resteront le point culminant de Vitality sur la scène League of Legends et par extension, celui de Cabochard également.

Roster 2019 de Vitality, le seul changement opéré est dans la jungle ou le coréen Mowgli remplace Kikis.

On prend presque les mêmes et on recommence. Pour la saison 2019, Mowgli (recruté chez les Afreeca Freecs) remplace Kikis dans la jungle. Si l’ambition est revu à la hausse, l’exécution laissera à désirer. Jizuke performe mal du à des problèmes personnels et la synergie entre Mowgli et le reste du roster ne parvient pas à s’établir. L’équipe se qualifiera tout de même pour les playoffs lors des deux splits mais sera éliminée au premier tour à chaque fois. Il est à nouveau temps de reconstruire, Duke et Mephisto viennent remplacer YamatoCannon et seul Cabochard et Jactroll seront conservés. Vitality compte une nouvelle fois sur son toplaner pour encadrer une équipe de jeunes talents, l’équipe prévue pour accompagner Cabochard est Skeanz dans la jungle, Milica en midlane et une botlane grecque composée de Comp et son support Labrov.

Mais la saison 2019 n’épargne pas Vitality qui se retrouve à devoir composer avec des problématiques toute l’année, des soucis de passeport pour Milica, les mauvaises performances de Jactroll et le jonglage dans la jungle entre Skeanz et Nji. Tout cela cumulé ne crée pas un environnement de jeu très favorable et Vitality squatte le fond de la classe tout au long de la saison mais à la fin du split, lorsque le roster prévu originalement est enfin présent, on sent que la synergie s’installe et que l’équipe est pleine de potentielle. Cabochard vit une saison compliqué comme toute son équipe et pour la première fois il parait presque essoufflé par moment.

Le roster 2020 de Vitality.

Il semble donc que cette saison marquera la fin de la collaboration entre Cabochard et Vitality. Elle semble logique car elle vient après une saison compliqué pour les deux partis mais elle inquiète également car elle fait craindre que les évènements les plus récents heurtent le souvenir qu’auront certaines personnes de Cabochard. On ne pourra jamais dissocier son nom de celui de Vitality, il fut, à l’instar de Rekkles pour Fnatic ou Perkz pour G2, le pilier, le visage de son organisation sur League of Legends. Il fut l’un des meilleurs toplaners d’Europe, preuve en est sa capacité à traverser le temps, il n’a peut être pas de titre de champion d’Europe en totem d’exposition de son talent mais cela ne l’empêche pas d’être un grand joueur qui restera dans nos cœurs ou qu’ils décident de poursuivre son chemin.

Aujourd’hui, il nous faut rendre hommage à un joueur exemplaire, fidèle qui aura su nous faire vibrer et qui aura su représenter la France au mieux. Il ne nous reste plus qu’à lui souhaiter bonne chance et à le remercier.

Le jour ou Glutonny perdra

La scène de Super Smash Bros, Ultimate est un monopole américain, le pays de l’oncle Slam truste tout les plus grands évènements, disposent des meilleurs joueurs et de manière plus générale, tout ce qui se rapporte de près ou de loin à la licence de Nintendo a un écho et une ampleur conséquente de l’autre coté de l’Atlantique. Mais derrière cet empire, se dresse une scène francophone qui impulse toute l’Europe et son visage est celui de William « Glutonny » Belaid.

Si vous suivez de près ou de loin la scène compétitive de Super Smash Bros, le nom de Glutonny ne peut vous être inconnu pour la simple et bonne raison qu’il ne perd pas. Lorsqu’il participe à des compétitions françaises ou européennes, Glutonny parait invincible, infranchissable. Armé de son Wario, il s’accapare toutes les compétitions, souvent avec aisance.

William « Glutonny » Belaid, joueur de l’équipe Solary.

L’histoire de Glutonny, c’est celle d’un joueur qui veut briser les hiérarchies, battre les américains et en même temps, c’est l’histoire d’un joueur qui construit la scène compétitive de son jeu dans sa région. Il y à une grande ambivalence chez lui, tout le monde veut battre Glutonny et tout le monde veut qu’il gagne. Une opposition ressentie par le joueur lui même qui déplorait le comportement de certains fans et casters à son encontre mais qui sait également que « ces mêmes gens sont très certainement également ceux qui me soutiennent à fond lorsque je suis aux US« . Il n’y à rien de plus ennuyeux qu’un match joué à l’avance, qu’une domination écrasante et ce qu’essaye d’accomplir Glutonny lorsqu’il est à l’étranger est ce qu’essaye d’accomplir tout les joueurs européens lorsqu’il revient et dans les deux cas, chacun doit progresser, Glutonny a besoin d’être challengé et poussé dans ces derniers retranchements en Europe si il veut conquérir l’Ouest.

Et dans ce sens, il a rejoins Solary qui met tout en oeuvre pour faire progresser la scène compétitive de Smash, c’est en tout cas la volonté de Sakor « LRB » Ros et de Solary qui organise des tournois réguliers synonyme de terrain d’entrainement pour son poulain et pour tout ceux qui lui courent après. Et elle a du retard la scène européenne mais elle sait qu’elle peut compter sur son porte drapeau français pour l’amener au plus haut et lui compte sur elle pour l’y aider.

Glutonny réaffirme dès qu’il le peut son ambition d’être le meilleur joueur du monde, il s’y consacre et s’en donne les moyens, sa 3e place à l’EVO 2019 et sa victoire à l’Albion 4 montre qu’il est en bonne voie et lorsqu’il revient en France, il est toujours le meilleur et de loin. Glutonny ne perd pas mais c’est ma conviction profonde qu’il perdra en Europe un jour comme c’est également ma conviction profonde qu’il deviendra le meilleur joueur du monde. Si il lit un jour ces lignes, j’espère qu’il saura envisager qu’il aura eu deux rôles à remplir en tant que leader de la scène, gagner ailleurs pour prouver qu’il est le meilleur et perdre chez soi pour comprendre qu’il a réussi à construire l’Europe de Smash. Je ne sais duquel des deux il tiendra le plus de fierté.