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loulex : le retour du pathing god

Hier, Jean-Victor « loulex » Burgevin a annoncé qu’il reprenait du service la saison prochaine. L’ancien jungler de H2K, Unicorns of Love ou encore Schalke 04 fait son retour dans une scène compétitive qu’il a quitté en 2017. Ayant résolu des problèmes de santé, loulex est prêt à sortir son Lee Sin et à reprendre le contrôle de la jungle.

Pour ceux qui ignorent qui il est, loulex est un jungler qui est apparu pour la première fois au EU LCS 2014 ou il a remplacé Diamonprox pour quelques games ce dernier ayant connu des problèmes de visa, après avoir échoué de peu à se qualifier pour les EU LCS avec Ninjas in Pyjamas, il est recruté par H2K.

Roster H2K.

Son passage chez H2K sera probablement la meilleure saison de sa carrière à date. Autour d’Odoamne, Ryu, Hjarnan et kaSing, il finira 3e des deux splits et se qualifiera pour les Worlds 2015. Le tirage au sort ne sera pas très clément pour lourex et ses compères qui tomberont dans une poule avec SKT, Edward Gaming & les Bangkok Titans. Si ces derniers sont relativement simples à battre, la marche sera trop haute pour l’organisation britannique qui échouera à la 3e place de sa poule.

Cette participation aux Worlds reste sa meilleure performance à ce jour, après son passage chez H2K, il dérive quelque peu. Il tente de se qualifier pour les NACS avec l’équipe Also Known As mais échoue et fait son retour en Europe. Après avoir fais un bout de saison et de playoffs avec Unicorns Of Love en 2016, il rejoint Schalke 04 et tente de qualifier l’équipe pour les EU LCS 2017, il n’y parvient pas et rejoint G2 en tant que sub. Il joue la première semaine des EU LCS 2017 Summer pour G2 et ce sera la dernière rencontre compétitive à laquelle il participera en tant que joueur. Il rejoint le coaching staff de Cloud 9 pour quelques mois avant de s’évaporer.

Réputé pour son pathing, souvent critiqué pour sa relative passivité, loulex est un jungler qui travaille dans l’ombre de ses laners. Son Lee Sin est redoutable à toutes les étapes de chaque games et son expérience pourra être utile à multiples équipes. Loulex cherche une équipe en LFL ou dans une autre ligue régionale et on sait que beaucoup d’organisations pourraient renforcer leur équipe avec un joueur d’expérience comme lui.

En tout cas, on se réjouit de son retour et on lui souhaite bonne chance !

Djoko : le joueur qui méritait mieux

On oublie souvent à quel point l’esport est jeune. Et cette jeunesse se traduit souvent par un manque de structurations au niveau des organisations. La scène League Of Legends n’a pas échappée à ces tumultes pires encore, les récits sur les conditions de vie des joueurs, sur les manques de managements internes et les arnaques se sont multipliés au fil des années. Il faut bien comprendre que ce « jardin secret » de l’esport a un impact colossal sur les joueurs, sur leurs performances et sur leurs santés qui ne sont pas mis à disposition du grand public. Cela met fin à certaines carrières, en ampute d’autres et globalement certains joueurs seront à vie impactés par un trop jeune écosystème qui manque encore parfois de professionnalisme.

Charly « Djoko » Guillard lors de son passage chez Giants Gaming

Evidemment tout ne repose par sur l’organisation, l’attitude des joueurs, leurs abnégations, leurs capacités à coopérer et à apprendre de leurs erreurs sont autant de facteurs qui constituent un environnement personnel productif permettant l’éclosion des joueurs. Djoko est de ceux qui ont dû murir, d’abord réputé toxique, il a effectué les efforts personnels qui s’imposaient pour s’intégrer au mieux dans le moule compétitif. Malheureusement pour lui, Djoko n’a échappé à rien, arnaques de structures, problèmes de gestion des joueurs, mauvais rosters, le nîmois a vécu une carrière mouvementée qui n’a eu l’air de s’apaiser que lors de son passage chez LDLC. Il est de ceux dont l’arrogance nous plait et de ceux pour lesquels on a des regrets, portrait de Charly « Djoko » Guillard, un joueur qui aurait mérité mieux.

Roster Millenium.

Djoko apparait aux yeux du public avec le roster Imaginary Gaming. L’équipe fait une grosse impression sur la scène française en remportant la Lyon e-Sport 8 et la DreamHack Tours 2015, deux rendez-vous importants du circuit francophone. L’équipe est recrutée dans son intégralité par Millenium, une des grosses écuries françaises de ce temps. Djoko fera parti de l’organisation pendant près de deux ans tout comme deux de ses compères d’origine, Kaze et masterwork. Avec Millenium, Djoko domine la scène française, il remporte plusieurs lans et se qualifie à deux reprises pour les playoffs des Challenger Series. Malheureusement, l’équipe ne parviendra jamais à se qualifier pour les EU LCS mais elle reste tout de même une grosse équipe européenne, agissant pratiquement comme un baromètre de qualité entre les EU LCS et le reste de l’Europe.

En apparence, tout se passe bien donc. Les résultats sont satisfaisants et si l’équipe conserve 3 des 5 joueurs qui ont constitué son roster aussi longtemps c’est que l’atmosphère doit y être bonne et productive. Néanmoins, Djoko révèlera plus tard les dysfonctionnements de la structure, salaires non versés, joueurs sous payés et conditions de vie insalubre ce n’est alors que « la partie visible de l’iceberg » pour le jungler qui se réserve d’en dire plus et qui affirme avoir tourné la page. Un désaccord salarial met fin à l’entente entre les deux parties et Djoko, suivi de sa réputation de solide jungler rejoint Vitality qui, après une première saison en demi-teinte, cherche à reconstruire un roster solide autour de valeurs sûres. Atour de Cabochard et Nukeduck, le roster est complété par Steelback (alors ADC), GBM et Hachani (réputé comme l’un des meilleurs supports du monde après une incroyable saison chez KT Rolsters).

Djoko lors de son passage chez Vitality.

Sur le papier, l’équipe a beaucoup de potentiel mais cela n’a pas fonctionné. Le coach sud-coréen Irean et ses hommes finissent à une oubliable quatrième place sur cinq et évite de peu la relégation. Une année de rookie complexe pour Djoko sur la faille car irrespirable en dehors. Dans un article sur le site The Player’s Lobby, il fait le récit de son année chez Vitality, marquée par la nuisance causée par Hachani. Il y décrit une atmosphère terrible ayant empêché l’équipe de bien performer et l’ayant personnellement endommagée. Il quitte l’équipe et rejoint Giants Gaming, accompagné par Steelback avec qui il a développé une bonne synergie à la fois dans et hors du jeu. Le roster échoue à une victoire des playsoffs au Sprint Split puis s’écroule quelques peu au Summer Split en parti dû à un changement de support quelques peu incompréhensible entre les saisons. Néanmoins, Djoko est reconnu comme l’un des meilleurs éléments de l’équipe. Mais Giants Gaming quitte les LCS EU et Djoko doit rebondir ailleurs.

Roster LDLC pour la LFL 2019 : Steelback (tout à droite) au coté de son ami Djoko (au milieu)

Steelback (désormais support) et lui rejoignent LDLC, aux cotés d’Eika, Comp et HiRit, ils forment une équipe qui va écraser la LFL durant toute l’année 2019. LDLC remporte les deux splits et fait 2 quarts de finale des EUM. Il faut retenir de cette année l’incroyable synergie entre Steelback et Djoko. Le passage en support de Steelback et leurs affinités naturelles ont fait d’eux, une force imposante et redoutable. Après une année saine, marquée par de très bons résultats, il était alors légitime de spéculer sur un potentiel retour de Djoko en LEC. Pressenti chez Schalke 04, Gilius lui sera finalement préféré et Djoko rejoint MCES.

Ce transfert marque sa séparation de Steelback (recruté par Vitality Bee) et le début d’une nouvelle saison compliqué pour lui. Malgré un début prometteur à la Lyon e-Sport ou lui et ses coéquipiers finiront second, l’équipe ne prend pas ses marques et ne parviendra jamais à décoller en LFL.

Aujourd’hui, Djoko cherche un nouveau défi pour la saison prochaine duquel on ne sait rien pour le moment. Il jouit d’une bonne réputation en tant que joueur et a progressé personnellement au cours des années. Il n’apparait plus comme le joueur toxique qu’il a pu être à ses débuts, probablement le fruit d’une maturité qu’il a acquis lors de ces multiples mauvaises expériences. A ce stade, sa carrière ne ressemble pas à celle qu’il aurait mérité, il a certes fait partis de deux des rosters les plus dominants de l’histoire de la scène française mais les opportunités qui lui ont été donné à l’échelon européen n’aurait permis à aucun joueur de démontrer la plénitude de ses capacités. Il reste que Djoko est un bon jungler, excellent par moment et que son association avec Steelback a démontré que lorsque l’entente est bonne, il est capable de grandes choses. Djoko est un de ces joueurs dont la carrière a probablement été miné par des circonstances externes, s’il n’aurait sûrement pas pu devenir le meilleur, il aurait certainement pu s’installer durablement en LEC. Djoko est encore jeune mais l’afflux massif de rookies rend probablement son retour dans l’élite européenne complexe, ce serait pourtant tout le bien qu’on lui souhaite. Ou qu’il aille désormais, on lui souhaite bonne chance et on espère qu’il y trouvera l’épanouissement qui a dû lui manquer par moment durant sa carrière.

Dota 2 : la revanche de N0tail

Dota 2 fait parti du paysage de l’esport depuis 2011 et si on en entend moins parler que d’autres scènes, c’est peut être par ce qu’elle fonctionne avec son propre écosystème. Souvent en marge d’autres licences, le jeu est toujours l’un des plus suivis et ces fans sont réputés être très fidèles. Et comme beaucoup de scène, elle possède ses propres histoires et a façonné son image autour de grands moments qui ont marqué les passionnés à jamais, l’histoire de Fly et de N0tail est probablement l’un des passages les plus fédératrices de l’esport. Elle a aidé à construire une star et a servi le jeu d’un conte aux allures de revanche guerrière.

Les deux joueurs faisaient partis du roster d’OG, ensemble, ils remportent plusieurs compétitions majeurs et l’équipe s’impose comme une organisation majeure. Néanmoins, OG ne parvient pas à franchir le cap lors de The International, compétition suprême de Dota 2 dans laquelle les deux amis ne parviennent pas à trouver de succès plusieurs années consécutives. Après avoir dominé toute l’année 2017, l’équipe d’amis échoue une nouvelle fois lors du plus gros rendez vous de la scène. Il faut comprendre qu’OG était bâti sur une réputation amicale, de confiance et lorsque l’annonce du départ de Fly pour Evil Geniuses est tombée, tout le monde était sous le choc.

Fly, désormais joueur pour Evil Geniuses.

Ce départ a laissé des fractures ouvertes, N0tail, très visiblement heurté, déclare en interview qu’il ne veut pas en parler, qu’il s’agit d’affaires personnelles et on devine alors dans le ton du Danois l’ampleur de la trahison qu’il vient d’encaisser. Sans en connaitre la teneur, Ceb, ancien coach passé joueur d’OG dira simplement que le départ de Fly a eu lieu d’une façon brutale qui ne pouvait qu’être déplaisante pour ceux qu’il a laissé derrière lui. Après avoir partagé plusieurs organisations et rosters ensemble, Fly et N0tail, meilleurs amis devenus pires ennemis se retrouvent face à face en demi-finale de The International 2018.

N0tail vainqueur de The International avec OG.

Dans un BO3 respirant l’animosité et le désire de revanche, N0tail prend le dessus sur son ancien ami. La poignée de main houleuse qu’ils échangent à la fin du match raconte toute l’histoire et comme si tout était écrit, N0tail et OG iront remporter The International cette année là. Déjà adulé par la communauté, ce moment propulse N0tail au rang de superstar de la licence, il ra remporter The International en 2019 comme pour confirmer qu’il a bien dépassé son rival de manière définitive et irreversible. Fly n’a pas su trouver de succès majeur avec Evil Geniuses et d’une certaine façon, on ne peut s’empêcher de penser que c’est juste.

La fulgurante ascension de Jezu

Il a fallu un ban de Néon pour que la carrière de Jezu prenne une trajectoire éclaire, un coup de pouce qui a forcé un destin tout écrit pour le prodige de la botlane que beaucoup annoncent en LEC sous peu.

En seulement 2 ans, Jean « Jezu » Massol est sorti de son nid, une progression éblouissante dans une scène très fournie, une preuve de talent, de maturité et de rigeur. Après une courte année passée chez Omerix à écumer des tournois de la scène française, son premier gros résultat est obtenu lorsqu’il effectue un court passage chez TrainHard et qu’il se place deuxième d’une étape d’Open Tour. Un résultat obtenu dans un échelon relativement bas de la scène compétitive française mais dans lequel on pouvait déjà observer du génie chez le jeune ADC.

Roster de Misfits Premier pour la saison 2020 de LFL.

Et puis tout s’enchaine très vite, suite au ban de Néon, Misfits Premier lui cherche un remplaçant et l’organisation est séduite par les qualités du français qui s’affirme et on entrevoit alors le joueur qu’il pourrait devenir. Malgré les changements de support à l’intersaison, il n’est pas perturbé et continue d’être le joueur le plus performant de son équipe, on osera même dire qu’il marche sur l’eau.

Et hors de la faille, c’est un sans faute pour lui également. Celui qui se décrivait comme introverti dans une interview chez Krok s’est rapidement acclimaté à son niveau statut. Il a pris de l’assurance lors des multiples interviews qu’il a réalisé et s’est même illustré dans une ambiance plus relâchée lors des EU Face-Off aux cotés de l’équipe d’O’Gaming et de Chap.

Jezu est capable d’aller très haut dans l’écosystème de League, il semble posséder toutes les qualités nécessaires qui pourraient faire de lui un excellent ADC.

A défaut de rendre hommage à une carrière comme je serais amené à le faire pour certains joueurs, c’est un hommage à une promesse que je fais aujourd’hui. Jezu est capable d’aller très haut dans l’écosystème de League, il semble posséder toutes les qualités nécessaires qui pourraient faire de lui un excellent ADC. Son champion pool est bon, ponctué de la capacité à jouer des picks traditionnels ainsi que quelques largesses comme Yasuo ou Ziggs qu’il a sorti cette saison. C’est un laner solide et une assurance pour teamfight en late game. Bien sûr tout est toujours perfectible mais il va dans la bonne direction.

A l’heure ou certains le spéculent chez SK Gaming la saison prochaine, Jezu semble prêt à relever le défi de la grande ligue. Que ces rumeurs soient fondées ou non, il n’aura plus besoin qu’un autre se fasse ban pour éclore, il possède désormais toutes les cartes pour forger son histoire et si cela n’a pas lieu cette saison, nul ne doute que beaucoup d’équipes viendront vite toquer à sa porte. Le futur de la scène française est garantie, pas que par lui bien sûr mais il devrait être l’un des leaders de cette nouvelle génération de joueurs et j’ai toutes confiances en lui pour bien représenter nos couleurs.

Astralis : l’inquiétude grandit

Une fin de saison catastrophique, des sanctions financières par Riot Games et une année 2021 aux antipodes de l’ambition, l’équipe League Of Legends d’Astralis (ex Origen) semble aux abois. Avec le retrait progressif et officiel de xPeke, la licence semble de moins en moins être une priorité pour la maison danoise, conséquences, peut-être d’une entreprise aux finances chancelantes.

Le 15 septembre dernier, dans un communiqué officiel, Kasper Hvidt le directeur du département sportif du groupe a mis au clair la situation qui entoure l’équipe LEC d’Astralis et le moins que l’on puisse dire est que cela a eu l’air d’un raz de marée. Deficio et xPeke allait prendre un peu de « recul » dans l’organisation. Pour le premier, il s’en est allé du côté de Misfits Gaming tandis que le second semble être relayé au second plan d’une équipe qu’il a pourtant crée fin 2014.

Enrique « xPeke » Cedeno Martinez, fondateur d’Origen, rattaché à Astralis depuis 2018

Il faut dire que ces changements interviennent dans un contexte complexe sur tous les plans pour Astralis, la maison mère semble empêtrée dans ce qui ressemble à un gouffre financier et leur équipe à gros budget de la saison passée sort d’une année catastrophique qui les a vu finir dernier des LEC. Comme si cela ne suffisait pas, il y a quelques semaines, Riot Game a sanctionné l’organisation danoise pour des retards de paiement, une amende de 5 000 euros qui semble dérisoire mais qui porte en elle des inquiétudes profondes pour l’équipe.

Erlend « Nukeduck » Vatevik Holm, seul rescapé de le saison dernière malgré une année décevante ?

Les rumeurs voient les arrivées de promisq, Jeksla et Zanzarah pour compléter l’équipe. Aucun de ces trois joueurs n’est un rookie, aucun de ces trois joueurs n’a réussi à s’imposer durablement en LEC. Ces trois joueurs ressemblent quelques peu à des bons joueurs de ligues régionales mais il parait compliqué de les voir s’imposer au plus haut niveau de la compétition européenne. L’autre point commun qui doit les unir est aussi qu’ils sont probablement peu chers ce qui doit être la raison de leurs recrutements. Promisq a 26 ans, Zanzarah en a 24 et Nukeduck en a 24 également. Lorsque l’on connait la longévité des carrières des joueurs de League of Legends, il parait étrange de voir une entreprise reconstruire une équipe autour de joueurs en bout de course qui n’ont jamais prouvé grand-chose.

Si on additionne bout à bout les circonstances qui entourent l’équipe League of Legends d’Astralis nous avons donc une mise en retrait de son fondateur historique, une entreprise en faillite, une équipe qui ne fonctionne pas malgré les grosses dépenses et la reconstruction d’un roster pour 2021 autour de joueurs low-cost historiquement trop faible pour être compétitif en LEC. Si je devais mettre mon argent sur une chose, ce serait probablement qu’Astralis ne fera plus parti de la scène en 2022 ou en tout cas, elle ne donne pas l’impression de le vouloir.

Team Liquid : un regard sur un mercato exorbitant

L’offseason de League of Legends réserve toujours des surprises, à l’heure ou certains tentent de reconstruire leur équipe, d’autres tentent de conserver leurs joueurs. Le tout dans un méli-mélo souvent incompréhensible. Le 17 novembre sera la date à laquelle commenceront les plus larges hostilités mais Team Liquid semble déjà sur le point de boucler son mercato avant même son début officiel. Les sommes astronomiques annoncées que dépense l’écurie américaine sont bien loin des montants dont on entend parler en Europe et les résultats internationaux ne sont pas souvent au rendez-vous. Cette saison Team Liquid semble prêt à briser sa tirelire comme jamais auparavant mais cela vaut il le coup ?

JENSEN : LE RETRAIT D’UN FAIT LE BONHEUR D’UN AUTRE

Nicolaj Jensen, joueur Team Liquid

L’annonce de la retraite de Bjergsen a bousculé l’écosystème Américain, la région perd son joueur le plus emblématique et l’une des plus prestigieuses équipes nord-américaines perd son joueur clé. Si la scène regrette unanimement le départ du Danois c’est un autre habitant du Danevang qui s’en est frotté les mains. Dans ce qui a semblé être un empressement, Team Liquid annonce que son midlaner a resigné pour un bail de 3 ans d’un montant exorbitant de 4,2 millions de dollars.

Pour mieux comprendre les raisons de ce prolongement de contrat, il faut d’abord saisir qu’il existe une règle qui limite le nombre de joueurs non-résidents qui peuvent constituer une équipe. Il ne peut y avoir plus de 2 joueurs non-résident par roster. Bjergsen et Jensen sont tous deux considérés comme résident et ils sont également considérés comme les deux midlaners les plus fiables ne prenant pas une place d’import. Ainsi, lorsque Bjergsen a pris sa retraite cela a laissé Jensen en position de force, il est devenu le midlaner le plus prisé de la ligue et on peut imaginer que Team Liquid lui a fais une offre qu’il ne pouvait refuser dans l’espoir qu’il n’aille pas voir ailleurs. A titre de comparaison, Hal Biagas directeur exécutif de l’association des joueurs nord-américain avait déclaré dans une interview que le salaire moyen d’un joueur de LCS en 2020 était de 410 000$, Jensen percevra donc plus de 3 fois ce montant.

Maintenant la question se pose de la rentabilité de ce contrat, non pas dans des détails financiers dont j’ignore tout mais plutôt de savoir si, sur un plan sportif, il était justifié de resigner Jensen pour un tel montant. Si l’on observe les midlaners de la saison dernière possédant ce statut de résident, on remarque que cela ne concerne que très peu de joueurs. Après les deux Danois, on compte Damonte, Goldenglue et Fenix. Aucun de ces trois joueurs n’est proche du statut de Jensen et aucun n’aurait été une solution viable pour le remplacer. Surtout que Jensen n’a peut-être pas les succès régionaux de Bjergsen mais il est de loin le midlaner de la région le plus performant lors de compétitions internationales. Il offre donc la garantie de bonnes performances régionales en plus de celles d’être un joueur compétitif contre les midlaners des autres régions.

Les dirigeants de Team Liquid ne sont pas imbéciles et s’ils ont mis un tel montant sur Jensen c’est probablement car il y avait d’autres équipes de LCS prêtes à sortir les gros sous pour s’attirer ces services. On sait par exemple que TSM cherche à remplacer Bjergsen et une rumeur circule indiquant que Nisqy ne serait peut-être pas de la partie chez Cloud9 la saison prochaine. Cela fait deux équipes possédant le capital financier et l’aura nécessaire pour attirer Jensen. Alors cela a peut-être semblé être une réaction très rapide et apeurée de la part de Team Liquid mais l’équipe se devait de conserver son joueur et a dû faire des largesses économiques pour y parvenir et il faut dire que ce ne sera pas la seule qu’ils feront.

ALPHARI : LE ROI EN EXIL

Barney « Alphari » Morris, joueur de l’équipe Origen.

Si Team Liquid ne peut pas se permettre de perdre Jensen c’est aussi car son deuxième slot d’import va être rempli par l’arrivée du Gallois Alphari. Considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs -si ce n’est le meilleur- toplaner d’Europe, Alphari sort de deux saisons galères avec Origen. Pour un joueur de son standing, ne pas aller aux Worlds chaque saison est un échec alors sa dernière place lors du Summer 2020 a dû résonner comme une très cuisante désillusion. Alphari a vécu deux saisons complexe certes mais il jouit toujours d’une très solide réputation en Europe. Et avec l’annonce qu’Astralis allait avoir un budget low-cost cette saison, il semblait évident que l’écurie ne pourrait retenir ni Upset ni Alphari ces deux joueurs stars. Il va y avoir du mouvement en toplane en Europe, Vitality, Schalke, Rogue, MadLions et Misfits Gaming vont tous probablement y effectuer des changements. Il y à un point commun à toutes ces équipes : elles ne sont ni G2 ni Fnatic. Et on le sait, seul G2 et Fnatic gagnent en Europe et Alphari veut gagner.

Alors quand il a reçu une offre pour faire parti de Team Liquid, il a probablement bien fait de l’accepter. Son salaire a dû être démultiplié et il rejoint enfin une équipe qui peut gagner son championnat. Alors certes, certains avanceront l’incapacité d’une équipe d’Amérique du Nord de performer internationalement ce à quoi, il serait possible de leur opposer que Team Liquid a fais mieux aux derniers Worlds que 2 des équipes Européennes, les deux autres étant encore une fois G2 et Fnatic. Il n’existe pas réellement de raisons bien fondées qui aurait pu justifier qu’il reste en Europe alors il ira en Amérique du Nord, rejoindre l’un des plus gros rosters que la ligue n’ait jamais vu et je prédis qu’il trouvera enfin le succès qu’il mérite.

ET DANS LA JUNGLE ?

Lucas « Santorin » Tao Kilmer Larsen, joueur FlyQuest.

Team Liquid a donc déjà dépensé des gros sous sur 2 joueurs ce mercato. Si on y ajoute le salaire de CoreJJ qui doit être conséquent ainsi que celui de la pépite montante Tactical qui a également du attirer les convoitises, l’organisation est dans l’obligation de signer un jungle nord-américain et on serait tenter de les imaginer vouloir réduire les couts. Il semble déjà compromis de les voir faire monter Grig de leur équipe académique. Le joueur a eu plusieurs chances de prouver son niveau en LCS et le moins que l’on puisse dire est que cela ne s’est jamais très bien passé, de plus il sort d’une saison catastrophique avec l’équipe académique qui a fini en dernière position et de laquelle il était l’un des joueurs les moins performants.

Le choix le plus évident et vers lequel toutes les rumeurs tendent est celui de Santorin. Le joueur de FlyQuest a été le jungle le plus performant du dernier Summer et de loin. De plus, il ne compte pas comme un joueur importé depuis 2 ans désormais. Son acquisition risque de ne pas être à bas cout, vu qu’il se trouve également dans une situation de force après ses dernières performances. Néanmoins, on peut spéculer que l’idée de rejoindre un pareil roster puisse être un poids de taille dans la négociation salariale. Quoi qu’il en soit, l’arrivée de Santorin ferait probablement de ce roster de Team Liquid l’un des plus chers jamais vu en Amérique du Nord. Et pour quels résultats ?

UN SPLIT IMPERDABLE ?

Avec de tels investissements, remporter la ligue régionale semble être un objectif qui sonne comme une obligation. Et Team Liquid devrait profiter de bonnes circonstances, Cloud9 va, au moins, changer de toplaner et sort d’une saison compliqué ponctué d’un écroulement incompréhensible, TSM va devoir se reconstruire sans son joueur clé et avec un Doublelift sur le déclin tandis que FlyQuest se verra amputer de l’un de ces 2 meilleurs joueurs. Si je devais mettre une piece sur la seule équipe que je pourrais voir contester Team Liquid ce serait potentiellement Evil Geniuses. Et pour cause, Huni ne comptera plus comme un résident dès cette saison est ainsi se justifiera son transfert ainsi que celui de Jizuke lorsque les deux joueurs pourront être alignés ensemble, Svenskeren devrait resigner avec l’organisation qui va enregistrer l’arrivée de Peter Dun ancien coach des MadLions. Il leur faudra néanmoins palier le départ de Bang mais s’ils y parviennent, leur roster sera effrayant.

L’autre réalité de ces investissements est aussi la performance internationale. Et là encore, il y à des signes encourageants. Jensen et CoreJJ sont fiables en compétitions internationales, Tactical a montré énormément de promesses, Santorin sort d’une bonne performance aux Worlds et Alphari a prouvé qu’il pouvait être très performant contre tout les toplaners européen. Sur le papier, c’est une équipe armée pour bien performer même si avec l’Amérique du Nord, il ne faut jamais trop s’avancer. Une chose est certaine, Team Liquid a cassé sa tirelire et il va falloir des résultats pour justifier ces dépenses.

Carl Jr vs Gwen : la promesse d’un avenir radieux pour TrackMania


A l’issu d’une finale à couper le souffle, Carl Jr remporte la Trackmania Grand League et réaffirme la suprématie qu’il semblait avoir perdu depuis quelques mois. Il est talonné par Gwen, son successeur annoncé qui est passé proche de la victoire. Une course qui rentre dans l’histoire du jeu et qui marque une étape de plus dans l’affrontement entre les deux joueurs, une rivalité qui devrait marquer le jeu pour de nombreuses compétitions à venir.

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Gwen, joueur GameWard et futur champion annoncé de TrackMania

La finale de la TMGL semblait promise à Gwen, le joueur GameWard avait éclaboussé de sa classe les qualifications finissant premier avec une marge conséquente. Il faut dire que le très jeune compétiteur (tout juste 16 ans) est sur une exceptionnelle lancée cette année. Dans les grands évènements, il est souvent apparu intouchable, imperturbable, renversant Carl Jr à la ZeratoR Trackmania Cup dans la surprise la plus totale. Son style qui combine vitesse et précision en a impressionné plus d’un et le sentiment quasi unanime de la scène voit en lui le futur grand maitre du jeu. Il a semblé aérien Gwen sur les dernières semaines de qualifications, remportant les trois dernières étapes. Il s’est même payé le luxe de remporter le Twitch Rivals, au passage, comme un amuse-bouche.

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Carl Jr, joueur de l’écurie Solary conserve sons titre de champion du monde

Mais Carl Jr fait de la résistance et le canadien est arrivé soucieux de conserver son titre de meilleur joueur du monde et de rappeler à la jeune garde qu’il ne faut pas l’enterrer trop vite. Le format de la finale, par élimination successive nous a alors offert un scénario exceptionnel. Gwen et Carl Jr pas forcément dominant dans les premiers rounds ont dû cravacher pour se hisser dans le Final 4 ou ils ont laissé éclater leurs talents et leurs justesses pour nous offrir le face à face dont tous les fans rêvaient. Il faut dire qu’il aurait été difficile d’espérer mieux, Gwen le jeune prodige part à l’assaut de Carl Jr, de 8 ans son ainée, et les deux joueurs se sont rendus coup pour coup. Dans un BO5 qui s’est achevée dans l’ultime manche décisive de l’ultime carte, Carl Jr s’impose et conserve son titre, pour le moment du moins. Pour le moment, car la domination de l’invincible Carl Jr a été mise à rude épreuve par Gwen toute l’année et si cet affrontement est représentatif des duels à venir entre les deux joueurs, c’est une incroyable raison de continuer à suivre TrackMania.

Derrière Gwen se placent désormais les espoirs d’un futur radieux pour la scène, il sera vraisemblablement le porte-drapeau de la nouvelle génération de joueurs qu’il mènera comme Carl Jr a mené la sienne. En attendant, Carl Jr est toujours sur son trône et même s’il semble s’effriter, nul ne doute qu’il viendra le défendre encore et encore. Le jour de la passation de pouvoir viendra peut-être mais aujourd’hui n’était pas ce jour, aujourd’hui Carl Jr a remis les pendules à l’heure canadienne et tous les joueurs de la finale nous ont offert un spectacle extraordinaire et la promesse d’un avenir radieux pour la scène TrackMania qui n’a pas fini de nous offrir d’incroyables émotions.

Bravo messieurs.

Vato : l’éternel mésestimé

La scène Fortnite francophone est à un tournant important de sa courte existence, elle s’attache désormais à la création d’une deuxième génération de stars. Et si les fans du Battle Royal d’Epic Games n’oublieront jamais des joueurs comme Skite, Kinstaar ou Airwaks, figures de la première génération de joueurs, ils semblent parfois relayer Vato à un second plan. Le joueur suisse, sûrement moins fringant et moins exposé que ses comparses, a pourtant toutes les accolades qui devraient le situer au panthéon des grands champions du jeu. Portrait d’un joueur trop souvent mis dans l’ombre malgré son exception.

Pierre « Vato » Mesey (à gauche) et son binôme Clément « Skite » Danglot, vainqueurs de la Lyon e-Sport 2019.

Comme beaucoup de joueurs de sa génération, Vato fait ses premières armes au courant de l’année 2018 dans le circuit de lan francophones. Il enregistre d’abord quelques timides performances avant de se révéler au grand public en prenant la deuxième place du Summer Skirmish Series EU. Sa mise en avant ne serait concrète que lorsqu’il fera parti du roster originel de LeStream Esports à la fin 2018. C’est le début de sa légendaire association avec Skite. L’alchimie entre les deux joueurs est immédiate et les résultats ne tardent pas à suivre. Ils remportent la Lyon e-Sport 2019 et seront le meilleur binôme francophone des IEM Katowice 2019.

Néanmoins, une tendance apparait déjà dans l’esprit des fans. Pour beaucoup, Vato est très certainement un joueur d’exception mais son rôle et son implication dans les performances de son équipe semble souvent passé sous silence du fait son association avec Skite qui trouve énormément de succès en solo. Une tendance qui, si elle est injuste, est confortée par l’attitude de Vato, trop dur avec lui-même, trop exigeant et probablement un peu influencé par la récurrence avec laquelle les fans de la scène lui reprochent de n’être que le second couteau de son binôme.

Résultats de la finale Duo de la World Cup de Fortnite. Vato et Skite terminent 10e et premier duo francophon.

A l’approche de la World Cup, le joueur suisse et son comparse se trouvent logiquement parmi les favoris pour une qualification pour l’évènement. Probablement quelques peu crispés par l’enjeu, les deux joueurs devront attendre la dernière semaine pour valider leur ticket pour New-York après plusieurs places d’honneurs. Alors que Skite parviendra à se qualifier pour la finale en solo, Vato échouera à deux points près de le rejoindre ce qui, lorsqu’on est familier avec le système de qualification, est très peu.

Et à la World Cup, Skite et Vato se hissent dans le top 10, enregistrant la meilleure performance francophone et s’impose définitivement comme le meilleur binôme que la francophonie possède. Sûrement, le monde verrait désormais que Vato est un grand joueur, l’un des meilleurs du monde et qu’il est une part importante des performances de son équipe. Mais le lendemain, on l’oubliera déjà quelques peu, Skite livre une performance phénoménale en finale solo et se hisse à la septième place, deuxième meilleur européen et premier français. En une nuit, pour beaucoup, Vato est passé de « membre du meilleur binôme francophone » à « coéquipier du meilleur joueur francophone », une nouvelle malheureuse et injuste mise en retrait pour le suisse qui semble condamné à se tenir dans l’ombre de Skite.

Le duo se divise en deux individualités pour les Fortnite Champion Series en trio. Un crossover entre LeStream et Solary voit les deux membres rejoindre chacun l’un des deux duos de Solary. Et cela ne se passe pas aussi bien qu’on aurait pu l’espérer. Ni Skite ni Vato ne se qualifie pour la finale, un évènement marquant pour les joueurs qui étaient des habitués des grands rendez vous internationaux. Là ou beaucoup y ont vu un manque d’alchimie entre les joueurs LeStream et Solary, ils auraient peut-être pu y voir quelque chose d’autre, peut être que Vato et Skite ne pouvaient gagner l’un sans l’autre.

Et c’est lors des Fortnite Champion Series en squad (quatuor) que Skite et Vato se retrouvent, aux côtés d’Airwaks et Nikof. Et c’est aussi lors de cette compétition qu’ils goutent à nouveau au succès. Finissant sur le podium de la compétition, Vato rajoute une nouvelle ligne à son palmarès, une nouvelle fois il fait partie des tout meilleurs d’Europe mais il ne semble toujours pas apprécié à sa juste valeur. Les deux joueurs vont connaitre, pas la suite, leur premier gros échec en tant que duo, ils ne se qualifient pas pour la finale des Fortnite Champion Series en duo. Cela sonne le glas de leur association, faisant part d’un manque de motivation, Skite et Vato se séparent. Une réaction en chaine pour le suisse qui quitte LeStream, en fin de contrat, durant l’été 2020.

Désormais sans structure, Vato doit prouver, sans Skite qu’il fait encore partie des meilleurs malgré l’émergence de dizaines de nouvelles stars sur Fortnite. A l’aube des FNCS en solo, il appartenait à Vato de prouver qu’il avait résisté à l’épreuve du temps et que même sans Skite, il saurait faire partie du sommet de l’Europe. Et contre toutes attentes, Vato l’a fait et seul cette fois ci. Il se qualifie pour la finale et prouve à tous qu’il n’était le faire valoir de personne. Même si la finale ne s’est pas déroulée de la meilleure des façon (il finira 67e), Vato aura prouvé un point, que ce soit seul ou accompagné, il fait partie des meilleurs joueurs d’Europe, il en a toujours fait partie.

On pourrait reprocher à Vato qu’il a parfois été trop négatif, trop virulent vis-à-vis de lui-même. Peut être qu’à un moment, il a cru à ceux qui le pensaient mauvais et peut être qu’il a su trouver la force mentale pour leur prouver qu’ils avaient tort. Quoi qu’il en soit, Vato fait partie intégrante du panthéon de nos grands champions sur Fortnite, aux cotés de son ami et binôme de toujours Skite et de bien d’autres. Il ne sera jamais celui dont on parle le plus et ne sera peut-être jamais le plus performant de tous mais contrairement à bien d’autres, il aura su traverser le premier renouvellement de joueurs et rester performant. Pour longtemps on le lui souhaite.

Interview : GameWard Wosile

J’ai eu le plaisir de discuter avec Wosile joueur professionnel de TrackMania pour GameWard. On a parlé de son parcours, de son avis sur la scène et de ses performances.

Gwendal « Gwen » Duparc (à gauche) et Yohan « Wosile » Moren (à droite), joueurs professionnels de Trackmania pour GameWard

Comment t’as découvert TrackMania ?

« Je connais le jeu depuis 2013, c’est mon père qui y jouait. Il me l’a fais essayé et j’ai accroché. J’ai fais une pause entre 2015 et 2017 par ce que j’en avais un peu marre puis je me suis remis sur le jeu, j’ai continué à beaucoup y jouer, j’ai fais quelques compétitions et ça s’est bien passé. »

Qu’est-ce qui t’as remotivé du coup ?

« De base je jouais à TrackMania Nation (TMN) qui était la version la plus populaire du jeu à l’époque vu qu’elle était gratuite. Puis je me suis mis à jouer à TrackMania 2, ça m’a remotivé de voir que tout le monde commençait à faire la transition entre TMN et TrackMania 2. Au même moment, un mec qui s’appelait KeepDaGate a commencé à lancé sa propre compétition, la seule ou presque en dehors de la Zrt Cup et on s’était chauffé avec pleins de potes, j’avais trouvé ça génial et j’avais fini 3e, malheureusement on a plus entendu parlé de lui après ça. Je me souviens qu’il y avait KennyStream, Carl Jr et d’autres sûrement, c’était vraiment une compétition où les joueurs qui voulaient se mettre au jeu à fond hors ZrT Cup étaient venus.

Après ça, tout le monde s’est dit qu’il pouvait faire pareil et d’un coup y’a pleins de petites compétitions qui sont apparues, les mecs se débrouillaient pour mettre un petit cash-prize et tout le monde était content. »

Après ça tu te fais recruter par Reflex Esport et tu fais ta première grosse performance sous leurs couleurs à la ZrT 2019 (top 8), tu gardes quels souvenirs de cette période là ?

« C’était une bonne aventure, c’était la première « grosse » structure dans laquelle j’ai été, avant ça on avait des petites équipes et on se baladait d’équipes en équipes. Un jour Alfadream qui était le manager d’Ayako est venu nous parler à Gwen et moi pour qu’on fasse un truc tous ensemble. Il s’est mis à démarcher des équipes et il a trouvé Reflex. On y est resté un temps puis il y à eu des problèmes internes qui étaient étrangers à nous et c’était la fin de notre aventure avec Reflex Esport. »

Après ça t’as pas d’équipes pendant quelques mois et d’un coup GameWard se lance sur Trackmania et vous recrute, comment ça se passe ?

« C’est pas vraiment d’un coup, après Reflex, Alfadream a pas abandonné et il est reparti chercher une structure pour Ayako, Gwen et moi, on a essuyé des refus, des réponses dans le vide et puis il y à eu GameWard qui a été intéressé. La structure n’avait pas d’équipe TrackMania avant nous, je pense même qu’ils n’avaient pas de vues sur le jeu, c’était encore très restreint comme scène. »

En parlant de la scène, c’est quoi ton avis sur la structure actuelle du jeu en compétitif ?

« De manière globale, il y à un peu de mécontentement. La TrackMania Grand League c’est un super concept mais avant la saison il y avait eu des craintes vis à vis du système de points. Les 16 joueurs de la TMGL était pas fan et en avait parlé avec Nadeo, il me semble que c’était un peu trop proche du début de la compétition pour qu’il le change mais peut être que ça changera pour la saison prochaine, c’est possible. »

D’ailleurs comment tu vois l’avenir du jeu ?

« Honnêtement, je vois un gros avenir pour Trackmania, mais ça dépendra beaucoup de Nadeo. Par exemple, on attend tous un vrai système de ranking. Pour Trackmania 3 ils ont fais un système avec des trophées qui avait l’air très bon mais personnellement j’ai pas accroché, j’ai du mal à transiter de TrackMania 2 à TrackMania 3 honnêtement. »

Tu penses qu’il y à du potentiel pour une grosse scène esport ?

« Oui vraiment, c’est un jeu super simple à comprendre, tout le monde peut regarder et apprécier sans avoir à se torturer l’esprit. C’est une course de voiture, c’est agréable et simple de regarder ça. Tu prends des licences comme CS.GO ou League of Legends et un non initié il n’y comprend pas grand chose, si tu lances une compétition de TrackMania tu comprends immédiatement qui est en train de gagner et ça rend le jeu sympa à suivre. »

Wosile est actuellement leader de la TrackMania Formula League ou TMFL, une compétition se déroulant sur 9 étapes tout les dimanches reprenant les codes de la Formule 1.

Et l’évolution de la visibilité ça pourrait se passer comment selon toi ?

« Si tu veux, une des très bonnes choses pour la TMGL c’est que chaque joueur soit représenté par une structure différente, chaque joueur amène une équipe et amène une fanbase avec. Les structures ont un rôle important à jouer dans la progression de la scène, plus il y en aura plus il y aura de grosses structures qui s’intéresseront au jeu. Ca pourrait pousser des structures à prendre des joueurs même hors de la TMGL. Si on prend l’exemple de Snow, il est très très bon, il joue pour OtterWorld et même si il est pas en TMGL ça l’a pas empêché de se faire recruter. C’est un bon exemple de structure qui prend un très bon joueur et qui lui donne un cadre dans l’espoir qu’il puisse grimper au plus haut par le système de qualification. »

En parlant de ça tu en étais pas trop loin cette année, c’est quoi ton regard sur tes performances cette année?

« Pour la qualification j’ai eu un manque de temps, un manque de courage parfois. Les trois premières semaines j’ai mal performé et ça m’a mis un coup au moral. Le système fait que tu peux pas trop te permettre de trop mauvais résultats, ça m’a miné le moral un peu, la motivation s’en est ressenti. »

Tu te rattrapes sur la TrackMania Formula League (TMFL) dont t’es le leader, c’est un exercice très différent, comment ça se prépare ?

« C’est une énorme différence, le mode de jeu a été développé par un mec qui s’appelle Boss-Bravo qui est assez réputé dans la communauté. C’est très nouveau sur TrackMania, c’est comme de la Formule 1, tu dois gérer ton essence, tes pneus, c’est vraiment très différent du TrackMania plus classique. C’est la toute première édition et la nouveauté m’a attiré, je m’étais renseigné et j’ai fais les qualifications, j’ai fini 3e ou 4e des qualifs et du coup j’ai commencé en Division 1. »

Et ça se passe bien, t’es premier pour le moment…

« Ouais c’est vrai que ça se passe bien mais il reste des étapes encore. Si tu veux la plus grosse différence c’est qu’en OGL (qualifications pour la TMGL), t’as une semaine pour découvrir et t’approprier les nouvelles maps mais en TMFL t’as 20 minutes d’entrainement sur la map et on te lâche dessus. »

Et tu préfères quoi?

« Moi j’adore le fast learning. Sans prétention je suis assez bon dedans donc le format de la TMFL est vraiment pour moi contrairement à l’OGL. »

Avec Gwen favori pour gagner la TMGL et toi qui domine la TMFL pour le moment, c’est une bonne année pour GameWard

« Ouais c’est clair, rien n’est fais encore mais on va espérer. Si je m’écroule pas ça devrait pouvoir le faire. »

Le coup de poker qui pourrait changer CS.GO

Si vous n’êtes pas familier avec la scène compétitive du jeu Counter-Strike, vous ignorez sûrement à quel point elle est dense. Le calendrier est surchargé et la scène peut paraitre quelque peu désorganisé par moment. Les ESL, les Blast Premier, les DreamHack, pour n’en citer que quelques-uns, se succèdent et se chevauchent dans ce qui peut parfois sembler être une odieuse cacophonie. Si le confinement a mis fin aux déplacements, il faut tout de même y ajouter les entrainements soutenus et multiples facteurs de stress liés au nécessité de performances des joueurs.

En clair, les joueurs de CS.GO ressemblent à des bombes à retardement et Vitality a peut être trouvé un moyen de les désamorcer.

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Pour bien comprendre le sujet, il faut revenir quelques mois auparavant. Au début de l’année 2020, le monde CS.GO est rattrapé par son exigence et plusieurs joueurs jettent l’éponge. Ils sont lessivés, atteints à la fois physiquement et mentalement. Si c’est un phénomène qui a déjà eu lieu ponctuellement sur d’autres jeux (Uzi pour League of Legends par exemple), ici les spectateurs sont abasourdis du nombre de joueurs qu’il concerne. Une liste exhaustive de talents comprenant des joueurs tel que « gla1ve » ou « Olof » démissionnent, prennent une pause en bref, annoncent publiquement qu’ils n’en peuvent plus.

Les spectateurs comprennent alors l’engrenage dans lequel sont plongés les joueurs professionnels, lié, entre autres, aux objectifs de rentabilité des équipes et des structures de tournois. Cela semble ressembler à une boucle, les tournois sont multipliés car il faut rentabiliser la scène et de l’autre coté les structures doivent rentabiliser leurs investissements et donc elles doivent être présentes à tous les grands rendez-vous et être suffisamment compétitives pour aller le plus possible ce qui entraine un alourdissement du calendrier et la boucle repart.

Ce phénomène n’est pas ignorable, il en va de la préservation de la santé des joueurs et à long terme de la scène en général. Il appartenait donc aux équipes de s’adapter pour éviter un désastre annoncé. C’est à ce moment qu’Astralis – une des équipes les plus touchées par ce phénomène – décide d’élargir son roster. Il faut comprendre que c’est une initiative très particulière, pratiquement inédite, de recruter un sixième joueur qui ne soit pas là pour prendre la place d’un autre mais bien pour construire plusieurs équipes efficientes.

Le 16 octobre dernier, Vitality annonce l’arrivée du joueur belge Nivera comme sixième homme. Ce qui pouvait sembler n’être « que » le transfert d’un jeune prodige vers la structure française est en fait un pari qu’a décidé de prendre et d’assumer pleinement Vitality. Le coach de l’équipe XTQZZZ explique alors que ce transfert était une nécessité dans le but de rester performant et de préserver la santé de ces joueurs. Vitality va donc tenter de faire fonctionner un roster à six joueurs car comme XTQZZZ le dit si bien « Il y a des réalités ». C’est un pari très risqué au vu de la complexité qui entoure la création de synergies entre les différents joueurs mais d’une certaine façon, le monde de CS.GO a besoin qu’il fonctionne. Car s’il est possible pour Vitality et Astralis de continuer à être performant tout en faisant tourner leurs effectifs, c’est la porte ouverte vers une flexibilité des équipes. Faute d’une structure plus légère et aéré de la scène compétitive, l’apparition de remplaçants peut être la solution qui sauve l’écosystème de CS.GO.