Tox : l’équilibre qu’il fallait à Solary ?

La saison des transferts sur Rocket League s’est achevée et les équipes se préparent à la reprise du Winter Split dans 2 semaines. L’un des transferts qui a fait couler le plus d’encres est celui de Tox vers Solary. L’allemand quitte Giants Gaming (ou il sera remplacé par itachi) et rejoint l’équipe tourangelles ou il prend la place de Yukiss. Après une saison en demi-teinte pour le très jeune roster de Solary, il est peut-être la solution pour trouver de la stabilité dans une équipe qui a le potentiel d’être au sommet de l’Europe.

La première saison de Solary dans l’élite européenne de Rocket League peut donner lieu à un bilan contrasté. Pour une équipe de jeunes talents, Solary a fais bonne figure, elle s’est globalement installée dans le milieu de tableau et l’équipe a même produit de très bonnes performances par moment. Néanmoins, probablement freinée par le remplacement de Meloshisu, leur progression n’a pas été à la hauteur du talent qui compose l’équipe. Pour le moment, les joueurs semblent inconstants et en recherche d’équilibre. La certitude est que le potentiel pour une grosse écurie est là et l’ajout de Tox au roster ne fait que renforcer ce sentiment.

Il faut dire que le jeune allemand sort d’une grosse saison avec Giants Gaming qui l’a notamment vu remporter 2 éditions de The Grid EU (semaines 2 et 9). Malgré une élimination prématurée des playoffs du Major il est clair que Tox est une force en devenir de la scène. Voilà la tâche qui attend donc Porto et Finish, ils ont à leur disposition trois joueurs de grands talents qui font parties des meilleurs espoirs de la scène européenne et s’ils sont bien encadrés et guidés, ils sont probablement capables de truster les premières places du classement. Il faudra donc cadrer les irrégularités de certains ce qui ne sera sûrement pas une tâche aisée au vu du très jeune âge des joueurs.

Damian « Tox » Schäfer, nouvelle recrue de Solary.

Tox a une légère réputation de toxicité dans la communauté Rocket League, il s’est même fait ban quelques jours la saison passée pour un incident ayant eu lieu pendant une partie. Néanmoins, j’ai tout de même le sentiment qu’il est une excellente recrue pour Solary. Au-delà de son indéniable talent, Tox sait gagner et il l’a prouvé à plusieurs reprises. Si son attitude est une variable qui peut être canalisée, savoir gagner est une qualité qui s’apprend difficilement.

Si je devais me risquer aux pronostics, je dirais que je suis très optimiste pour ce split. Si l’équipe parvient à s’adapter collectivement et que la barrière de la langue n’est pas un obstacle trop conséquent, je ne vois pas ce qui pourrait empêcher Solary de faire une excellente saison. C’est tout le bien que je leur souhaite en tout cas.

Rocket League : bâti pour l’esport ?

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Rocket League est sorti en 2015, le jeu est édité et développé par Psyonix

Accessible, divertissant et fédérateur, Rocket League s’impose dans le paysage du gaming comme une franchise durable offrant à ces spectateurs une expérience plaisante bien loin de la complexité d’autres jeux à succès. A l’heure où certains s’interrogent sur la capacité de l’esport à élargir son contingent de spectateurs, Rocket League est peut-être le cheval sur lequel parier.

Si elles sont incroyablement divertissantes pour un spectateur averti, des licences telles que League of Legends ou Counter-Strike : Global Offensive sont difficilement accessibles et appréciables pour un spectateur lambda, leur compréhension requiert un degré certain de familiarité avec le jeu surtout lorsqu’il s’agit de games de très haut niveau qui sont souvent régies par des détails et des subtilités que même certains joueurs ne parviennent pas à saisir.

Rocket League en revanche brille par son accessibilité que le jeu combine parfaitement avec une expérience des plus agréables pour le spectateur. Le jeu repose sur des bases simplistes qui n’enlève rien à sa spectacularité. L’attrait à l’œil est immédiat, le jeu est cartoonesque voir presque enfantin tant son concept semble sorti tout droit de l’esprit d’un jeune homme qui combinerait ses passions pour le football et les petites voitures. Néanmoins, il faut y jouer pour en saisir la complexité. Il n’y à pas de chance dans Rocket League pas de mauvais « match up« , pas d’économie à faire ou de choix d’armes qui peuvent influer sur le cours de la partie, juste des joueurs au volant de leurs voitures qui possèdent tous les mêmes chances de succès. Tout ce qui compte au début d’une manche est la capacité des joueurs et la façon dont ils s’harmonisent.

DYNAMIQUE ET UNIQUE

Rocket League réussi cet étrange pari de ressembler à quelque chose de nouveau tout en empruntant des codes aux sports traditionnels les plus populaires du monde. Et c’est en cela, selon moi, que son avenir dans l’esport semble bien plus prometteur que des simulations de sports tels que FIFA ou NBA 2K. Car en découvrant Rocket League vous avez l’assurance de voir quelque chose que vous n’avez jamais vu de votre vie, le spectateur est embarqué dans un concentré d’actions de 5 minutes, il n’y a pas de temps morts, pas d’ennui juste la vision de voitures qui virevoltent dans une arène dans ce qui parfois ressemble à une élégante chorégraphie. Le jeu est spectaculaire et comme il est simple à comprendre ce n’est jamais dur d’être impressionné par la beauté de certaines actions et l’élégance de certaines combinaisons.

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Les français Victor « Fairy Peak » Locquet & Alexandre « Kaydop » Courant remportent la Saison 7 des Rocket League Championship Series au côté de l’écossais Kyle « Scrub Killa » Robertson.

UNE SCENE BIEN RODÉE

Et si la licence est attrayante, la qualité de la scène compétitive n’est jamais garantie. Construire une scène compétitive de qualité est un défi et le moins que l’on puisse dire est que celle de Rocket League est un succès continu. D’abord restreinte à des affrontements entre l’Europe et l’Amérique du Nord, le contingent de régions ayant accès aux RLCS Finals s’est élargi, intégrant l’Océanie en saison 3 et l’Amérique du Sud en saison 7. Le format est tout aussi dynamique que les rencontres avec 2 saisons par an pour couronner un champion. A l’intérieur des régions, les équipes s’affrontent continuellement dans des tournois à importance variables mais dont la récurrence permet un véritable engouement autour de la scène. Les équipes sont jugés sur la régularité pour pouvoir représenter leur région aux championnats du monde.

La recette fonctionne, l’audience augmente et une base de fan exponentielle se cristallisent, la finale de la Saison 8 a réuni 280 000 viewers, un chiffre qui grandit saison après saison (c’est 80 000 de plus qu’en saison 7). Néanmoins, les spectateurs actuels sont des passionnés d’esport, Rocket League prêche des convertis mais Psyonix semble bien avoir l’intention d’en faire une licence accessible à une audience mainstream.

Et pour cela, elle en a étendu la diffusion, ESPN a diffusé la finale du Spring Split d’Amérique du Nord et BBC Sport a diffusé l’entièreté du Spring Split Européen, le résultat fut mitigé. Il a fallu concilier le style explosif des casteurs habituels du jeu avec une approche plus simpliste pour permettre aux nouveaux spectateurs d’avoir une entrée en douceur dans le monde de l’esport. Pour se faire, ESPN a appelé Landon Donovan (footballeur professionnel), qui n’avait aucune connaissance sur le jeu ce qui a entrainé une expérience plus que mitigée pour les spectateurs. Ce broadcast a déplu aux fans les plus aguerris et n’a probablement pas aidé de nouveaux spectateurs à se familiariser avec la licence. Néanmoins, tout n’est pas à retirer dans cette expérience mais, comme le préconisent certains, il faut que Psyonix trouve la recette pour effectuer un entre-deux.

JUSQU’OU PEUT PROGRESSER LA LICENCE ?

S’appuyant sur un écosystème stable et un jeu attractif, Psyonix ne se fixe pas de limites quant à la marge de progression de sa scène compétitive. Rocket League peut s’appuyer sur sa fanbase exponentielle et sa capacité à créer du storytelling pour se développer mais pour attirer une nouvelle audience, la licence devra probablement faire des concessions. Il faut savoir créer une émulsion chez les non-initiés et quelques pistes peuvent être à explorer.

En Europe, des noms réputés comme le FC Barcelone ou l’AS Monaco se sont dernièrement retirés du jeu, un coup dur pour la visibilité de Rocket League qui voit deux grands noms du sport traditionnel s’éloigner de la scène. Néanmoins c’est un schéma vers lequel Psyonix devrait se tourner, notamment pour la scène Nord-Américaine, il parait important de réussir à attirer des organisations déjà établies dans le monde du sport pour pouvoir capitaliser sur leurs renommées et attirer l’œil de leurs fans, cela devant bien sûr être concilié avec la sauvegarde des organisations déjà en place qui font vivre la scène de l’intérieur.

Quant à la diffusion, Rocket League doit s’interroger sur les potentielles limites d’une diffusion sur les plateformes web (s’il y en a), pour ma part, je considère possible d’attirer les fans de sport plus traditionnels sur Twitch ou Youtube mais la présence de la licence sur des chaines de télévision est nécessaire pour en faire la promotion et conquérir ce nouveau public. C’est encore une fois un entre-deux qu’il faudra trouver car l’expansion vers une nouveau public ne doit pas se faire au détriment des fans qui font vivre Rocket League.

Quoi qu’il en soit, c’est un défi énorme qui attend Rocket League mais je suis persuadé que le jeu parviendra à se développer rapidement et exponentiellement.