LEC 2021 : SK Gaming se tourne vers l’avenir

C’est au tour de SK Gaming de dévoiler son roster pour la prochaine saison des LEC. L’organisation a fais le pari de l’avenir en recrutant quatres rookies.

TOPLANE : Janik « Jenax » Bartels

Jenax sera le seul survivant de la lineup de la saison précédente. Il fait partie de SK Gaming depuis 2019. Loin d’être un joueur particulièrement fringant, il est un élément fiable et stable de l’équipe. Sa transition de la midlane à la toplane s’est avérée efficace et il est un bon joueur de weakside ce qui est toujours utile.

JUNGLE : Kristian « TynX » Ostergaard Hansen

Ce fut un long parcours pour TynX jusqu’en LEC. Le danois a joué dans les ligues régionales polonaise, espagnole et française. Il reste sur des très bonnes performances avec LDLC, équipe avec laquelle il a notamment remporté les European Masters. Beaucoup attendaient TynX en LEC depuis quelques temps déjà. C’est désormais chose faite pour lui et il a beaucoup à prouver désormais.

MIDLANE : Ersin « Blue » Gören

Le joueur belgo-turc est probablement le moins connu par la communauté européenne. Il faut dire qu’il joue en TCL depuis quelques années. Néanmoins, son nom est souvent associé à ces prouesses mécaniques et son indéniable talent. Connu comme étant un monstre en Solo q, il a remporté le championnat turc la saison passée. Il n’est peut-être pas le joueur le plus attendu de l’année mais je suis persuadé qu’il fera de grandes choses, il a le talent pour en tout cas.

 BOTLANE : Jean « Jezu » Massol

Jezu continue de progresser à toute vitesse, en 2 ans il est passé de l’Open Tour à une position de starter dans une équipe LEC. Probablement l’un des rookies les plus prometteurs de l’année. J’espère qu’il n’aura pas fais le jump pour l’Europe un peu trop tôt et qu’il saura s’adapter rapidement au niveau de jeu. Cela étant, il est bien accompagné en botlane et si sa marge de progression nous indique quelque chose c’est bien qu’il semble prêt à tutoyer les sommets.

SUPPORT : Erik « Treatz » Wessen

Treatz vient de remporter les LCS. Il était majoritairement remplaçant mais il a joué quelques rencontres. C’est un joueur expérimenté mais il n’a jamais joué à ce niveau de compétition. Il va donc découvrir les LEC. Il a également joué dans beaucoup de ligues régionales européennes avant de s’envoler pour les Etats-Unis. Là-bas, il a joué en académie pour TSM pendant quelques temps avant de prendre la place de Biofrost à certaines occasions. Il a été définitivement remplacé après la débâcle contre Golden Guardians en playoff.

OPINION : Ce roster est un vrai risque. Il repose sur quatre joueurs qui vont découvrir ce niveau de compétition et Jenax qui est certes un bon joueur mais probablement pas assez dominant pour faire une très grosse différence. A mon avis, ce roster reposera énormément sur la capacité de Blue à s’adapter. Il aura une compétition féroce au poste de midlaner mais si sa réputation n’est pas usurpée, il devrait faire partie des meilleurs midlaners de la prochaine saison. Quoi qu’il arrive, cette équipe est constituée de joueurs en devenir très talentueux et un effet à la MadLions est toujours possible.

LEC 2021 : Astralis officialise son roster

 Astralis est la première équipe à officialiser son roster pour le Spring Split 2021. Comme les rumeurs semblaient le présager, le roster n’est pas fringuant et n’est pas tourné vers l’avenir. Tout n’est pas à jeter néanmoins.

TOPLANE : Matti « WhiteKnight » Sormunen

Le finlandais est un vétéran de la scène compétitive. Il était d’ailleurs présent pour la toute première saison des EU LCS en 2013, il était alors botlaner pour l’équipe Team ALTERNATE. Après une saison quelconque, il a disparu des radars pendant quelques années et après une saison compliquée chez le PSG, il rejoue en EU LCS en 2018 en tant que toplaner pour Unicorns of Love. 2 splits peu concluant une nouvelle fois, il rejoint BIG, une équipe régionale allemande avec laquelle il trouvera plus de succès allant jusqu’à remporter les European Masters en 2019. Il jouait alors aux cotés de quelques visages familiers de la LEC : Carzzy, ZaZee et Labrov. Après une saison en demi-teinte, il fera donc parti d’Astralis pour l’année 2021.

JUNGLE : Nikolay « Zanzarah » Akatov

Si on fait abstraction d’une série qu’il a joué en 2019 avec Origen contre Splyce, Zanzarah fera ses débuts dans la ligue européenne. Après plusieurs saisons en ligue russe, Zanzarah a joué dans l’équipe académique d’Origen puis dans l’équipe académique de Rogue. C’est chez ces derniers qu’il s’est illustré en remportant les European Masters l’année passée. S’il est un rookie (ou presque), Zanzarah a de l’expérience, il joue professionnellement depuis 2015 et pour beaucoup, ce n’était qu’une question de temps pour qu’il intègre l’élite.

MIDLANE : Erlend « Nukeduck » Vatevik Holm

Le dernier rescapé de la saison catastrophique d’Origen, Nukeduck est un vétéran. Il a accumulé les places d’honneurs et a connu 6 organisation différente au plus haut niveau de l’Europe. Malheureusement pour lui, il n’a jamais gagné les LEC et au vu de ses récentes performances cela parait peu probable. A 24 ans, Nukeduck semble de plus en plus en difficulté dans la ligue et l’annonce de son maintien dans l’élite en a surpris plus d’un.

BOTLANE : Jesper « Jeskla » Klarin Stromberg

A 20 ans, Jeskla est le plus jeune membre de l’équipe (et de loin). Les fans sont susceptibles de se souvenir de lui comme de l’ADC qui avait été remplacé par Hjarnan chez Excel Esports en 2019. Autrement, il s’est balancé entre la ligne espagnole et la ligue allemande chez mousesports avec lesquels il a remporté la Prime League. En termes de niveau de jeu, le suédois reste probablement sur sa meilleure saison à date. Il faudra voir si cela va se retranscrire à un niveau de jeu bien plus élevé.

SUPPORT : Hampus « promisq » Mikael Abrahamsson

Un autre vétéran de la scène. Promisq a connu beaucoup d’équipes et en tant que starter il n’a jamais fais parti d’une équipe qui a trouvé du succès. C’est un habitué du fond du classement. Mais, pour la première fois de sa carrière, promisq va joueur une deuxième saison au coté du même ADC. Au coté de Jeskla, il sort d’une bonne saison chez mousesports et Astralis est clairement sa chance de prouver qu’il n’est pas juste le remplaçant de G2.

OPINION : Malheureusement, Astralis ne ressemble pas à une équipe qui quittera les tréfonds du classement. Chacun des cinq joueurs fait probablement parti des plus mauvais joueurs de la ligue à son rôle. Néanmoins, il y à une once d’espoir. Selon moi, l’équipe doit jouer via la botlane, les deux joueurs se connaissent bien et se sont montrés assez dominant la saison dernière en phase de lane. Zanzarah est un jungler assez décent et ne devrait pas se faire marcher dessus. Le gros bémol de l’équipe pour moi est WhiteKnight, il ne joue pas très bien le weakside et sort d’une saison compliquée individuellement. Nukeduck est une inconnue aussi mais je le crois capable de ne pas être un poids pour l’équipe. Ils devraient finir 9e ou 10e de la ligue sauf grosses surprises.

Vetheo : comme une évidence

Le système des ligues régionales européennes est bien ficelé. Il l’est si bien qu’il permet l’émergence de nouveaux talents chaque saison effectuant la transition vers les LEC et leur permet d’y trouver du succès. L’exemple récent de Mad Lions permet de jauger l’efficacité de l’implantation de rookies et les fans européens peuvent être soulagés d’apprendre que chaque saison réservera probablement son lot de futurs champions. Et dans les années à venir, on serait plus qu’étonné de ne pas y trouver Vincent « Vetheo » Berrié.

Roster LDLC OL victorieux aux European Masters.

A l’instar de Jezu, la trajectoire de Vetheo est une de celles qui étonnent par sa vitesse de progression. En très peu de temps, il a grimpé les échelons de la scène. Il ne s’est écoule que quelques mois entre son recrutement chez la Tony Parker Adequat Academy et sa transition vers LDLC OL ou il a déjà brillé. A 18 ans, Vetheo achève sa première saison dans une ligue régionale et il reste peu de succès qui pourraient y étoffer son palmarès. Il a déjà remporté les European Masters, la Lyon e-Sport et la saison régulière du LFL Spring. La seule ombre à son tableau est de ne pas avoir remporté les playoffs de la ligue française mais en le pointant du doigts, on cherche la petite bête.

En quelques mois de compétition à peine, Vetheo avait déjà attiré les regards. Il est assez évident pour qui veut bien le voir qu’il y à de la magie entre les mains du jeune français. Selon toute vraisemblance, il devrait continuer à jouer pour LDLC OL la saison prochaine, un choix probablement judicieux pour lui car même si son niveau de jeu est digne d’une équipe LEC, il a sûrement besoin d’emmagasiner un peu plus d’expérience compétitive. Avec lounet et YellOwStaR, on se doute qu’il est bien entouré pour cela.

Il fait partie d’une jeune génération de joueurs français pour laquelle on a beaucoup d’espoir. Vetheo, Jezu, Exakick, Toucouille pour ne citer que ceux-là, ont en eux les capacités pour devenir de grands joueurs. Si la vitesse de progression de Vetheo est un indicateur son avenir, il n’y a aucun souci à se faire pour lui, pour le reste, il lui appartient de faire tout ce qui est en son pouvoir pour atteindre des objectifs dignes de ce dont il est capable. Seule chose dont il devrait se préoccupper : au vu de cette saison, pas certain que ces adversaires le laissent jouer Akali et LeBlanc, très souvent.

loulex : le retour du pathing god

Hier, Jean-Victor « loulex » Burgevin a annoncé qu’il reprenait du service la saison prochaine. L’ancien jungler de H2K, Unicorns of Love ou encore Schalke 04 fait son retour dans une scène compétitive qu’il a quitté en 2017. Ayant résolu des problèmes de santé, loulex est prêt à sortir son Lee Sin et à reprendre le contrôle de la jungle.

Pour ceux qui ignorent qui il est, loulex est un jungler qui est apparu pour la première fois au EU LCS 2014 ou il a remplacé Diamonprox pour quelques games ce dernier ayant connu des problèmes de visa, après avoir échoué de peu à se qualifier pour les EU LCS avec Ninjas in Pyjamas, il est recruté par H2K.

Roster H2K.

Son passage chez H2K sera probablement la meilleure saison de sa carrière à date. Autour d’Odoamne, Ryu, Hjarnan et kaSing, il finira 3e des deux splits et se qualifiera pour les Worlds 2015. Le tirage au sort ne sera pas très clément pour lourex et ses compères qui tomberont dans une poule avec SKT, Edward Gaming & les Bangkok Titans. Si ces derniers sont relativement simples à battre, la marche sera trop haute pour l’organisation britannique qui échouera à la 3e place de sa poule.

Cette participation aux Worlds reste sa meilleure performance à ce jour, après son passage chez H2K, il dérive quelque peu. Il tente de se qualifier pour les NACS avec l’équipe Also Known As mais échoue et fait son retour en Europe. Après avoir fais un bout de saison et de playoffs avec Unicorns Of Love en 2016, il rejoint Schalke 04 et tente de qualifier l’équipe pour les EU LCS 2017, il n’y parvient pas et rejoint G2 en tant que sub. Il joue la première semaine des EU LCS 2017 Summer pour G2 et ce sera la dernière rencontre compétitive à laquelle il participera en tant que joueur. Il rejoint le coaching staff de Cloud 9 pour quelques mois avant de s’évaporer.

Réputé pour son pathing, souvent critiqué pour sa relative passivité, loulex est un jungler qui travaille dans l’ombre de ses laners. Son Lee Sin est redoutable à toutes les étapes de chaque games et son expérience pourra être utile à multiples équipes. Loulex cherche une équipe en LFL ou dans une autre ligue régionale et on sait que beaucoup d’organisations pourraient renforcer leur équipe avec un joueur d’expérience comme lui.

En tout cas, on se réjouit de son retour et on lui souhaite bonne chance !

Djoko : le joueur qui méritait mieux

On oublie souvent à quel point l’esport est jeune. Et cette jeunesse se traduit souvent par un manque de structurations au niveau des organisations. La scène League Of Legends n’a pas échappée à ces tumultes pires encore, les récits sur les conditions de vie des joueurs, sur les manques de managements internes et les arnaques se sont multipliés au fil des années. Il faut bien comprendre que ce « jardin secret » de l’esport a un impact colossal sur les joueurs, sur leurs performances et sur leurs santés qui ne sont pas mis à disposition du grand public. Cela met fin à certaines carrières, en ampute d’autres et globalement certains joueurs seront à vie impactés par un trop jeune écosystème qui manque encore parfois de professionnalisme.

Charly « Djoko » Guillard lors de son passage chez Giants Gaming

Evidemment tout ne repose par sur l’organisation, l’attitude des joueurs, leurs abnégations, leurs capacités à coopérer et à apprendre de leurs erreurs sont autant de facteurs qui constituent un environnement personnel productif permettant l’éclosion des joueurs. Djoko est de ceux qui ont dû murir, d’abord réputé toxique, il a effectué les efforts personnels qui s’imposaient pour s’intégrer au mieux dans le moule compétitif. Malheureusement pour lui, Djoko n’a échappé à rien, arnaques de structures, problèmes de gestion des joueurs, mauvais rosters, le nîmois a vécu une carrière mouvementée qui n’a eu l’air de s’apaiser que lors de son passage chez LDLC. Il est de ceux dont l’arrogance nous plait et de ceux pour lesquels on a des regrets, portrait de Charly « Djoko » Guillard, un joueur qui aurait mérité mieux.

Roster Millenium.

Djoko apparait aux yeux du public avec le roster Imaginary Gaming. L’équipe fait une grosse impression sur la scène française en remportant la Lyon e-Sport 8 et la DreamHack Tours 2015, deux rendez-vous importants du circuit francophone. L’équipe est recrutée dans son intégralité par Millenium, une des grosses écuries françaises de ce temps. Djoko fera parti de l’organisation pendant près de deux ans tout comme deux de ses compères d’origine, Kaze et masterwork. Avec Millenium, Djoko domine la scène française, il remporte plusieurs lans et se qualifie à deux reprises pour les playoffs des Challenger Series. Malheureusement, l’équipe ne parviendra jamais à se qualifier pour les EU LCS mais elle reste tout de même une grosse équipe européenne, agissant pratiquement comme un baromètre de qualité entre les EU LCS et le reste de l’Europe.

En apparence, tout se passe bien donc. Les résultats sont satisfaisants et si l’équipe conserve 3 des 5 joueurs qui ont constitué son roster aussi longtemps c’est que l’atmosphère doit y être bonne et productive. Néanmoins, Djoko révèlera plus tard les dysfonctionnements de la structure, salaires non versés, joueurs sous payés et conditions de vie insalubre ce n’est alors que « la partie visible de l’iceberg » pour le jungler qui se réserve d’en dire plus et qui affirme avoir tourné la page. Un désaccord salarial met fin à l’entente entre les deux parties et Djoko, suivi de sa réputation de solide jungler rejoint Vitality qui, après une première saison en demi-teinte, cherche à reconstruire un roster solide autour de valeurs sûres. Atour de Cabochard et Nukeduck, le roster est complété par Steelback (alors ADC), GBM et Hachani (réputé comme l’un des meilleurs supports du monde après une incroyable saison chez KT Rolsters).

Djoko lors de son passage chez Vitality.

Sur le papier, l’équipe a beaucoup de potentiel mais cela n’a pas fonctionné. Le coach sud-coréen Irean et ses hommes finissent à une oubliable quatrième place sur cinq et évite de peu la relégation. Une année de rookie complexe pour Djoko sur la faille car irrespirable en dehors. Dans un article sur le site The Player’s Lobby, il fait le récit de son année chez Vitality, marquée par la nuisance causée par Hachani. Il y décrit une atmosphère terrible ayant empêché l’équipe de bien performer et l’ayant personnellement endommagée. Il quitte l’équipe et rejoint Giants Gaming, accompagné par Steelback avec qui il a développé une bonne synergie à la fois dans et hors du jeu. Le roster échoue à une victoire des playsoffs au Sprint Split puis s’écroule quelques peu au Summer Split en parti dû à un changement de support quelques peu incompréhensible entre les saisons. Néanmoins, Djoko est reconnu comme l’un des meilleurs éléments de l’équipe. Mais Giants Gaming quitte les LCS EU et Djoko doit rebondir ailleurs.

Roster LDLC pour la LFL 2019 : Steelback (tout à droite) au coté de son ami Djoko (au milieu)

Steelback (désormais support) et lui rejoignent LDLC, aux cotés d’Eika, Comp et HiRit, ils forment une équipe qui va écraser la LFL durant toute l’année 2019. LDLC remporte les deux splits et fait 2 quarts de finale des EUM. Il faut retenir de cette année l’incroyable synergie entre Steelback et Djoko. Le passage en support de Steelback et leurs affinités naturelles ont fait d’eux, une force imposante et redoutable. Après une année saine, marquée par de très bons résultats, il était alors légitime de spéculer sur un potentiel retour de Djoko en LEC. Pressenti chez Schalke 04, Gilius lui sera finalement préféré et Djoko rejoint MCES.

Ce transfert marque sa séparation de Steelback (recruté par Vitality Bee) et le début d’une nouvelle saison compliqué pour lui. Malgré un début prometteur à la Lyon e-Sport ou lui et ses coéquipiers finiront second, l’équipe ne prend pas ses marques et ne parviendra jamais à décoller en LFL.

Aujourd’hui, Djoko cherche un nouveau défi pour la saison prochaine duquel on ne sait rien pour le moment. Il jouit d’une bonne réputation en tant que joueur et a progressé personnellement au cours des années. Il n’apparait plus comme le joueur toxique qu’il a pu être à ses débuts, probablement le fruit d’une maturité qu’il a acquis lors de ces multiples mauvaises expériences. A ce stade, sa carrière ne ressemble pas à celle qu’il aurait mérité, il a certes fait partis de deux des rosters les plus dominants de l’histoire de la scène française mais les opportunités qui lui ont été donné à l’échelon européen n’aurait permis à aucun joueur de démontrer la plénitude de ses capacités. Il reste que Djoko est un bon jungler, excellent par moment et que son association avec Steelback a démontré que lorsque l’entente est bonne, il est capable de grandes choses. Djoko est un de ces joueurs dont la carrière a probablement été miné par des circonstances externes, s’il n’aurait sûrement pas pu devenir le meilleur, il aurait certainement pu s’installer durablement en LEC. Djoko est encore jeune mais l’afflux massif de rookies rend probablement son retour dans l’élite européenne complexe, ce serait pourtant tout le bien qu’on lui souhaite. Ou qu’il aille désormais, on lui souhaite bonne chance et on espère qu’il y trouvera l’épanouissement qui a dû lui manquer par moment durant sa carrière.

La fulgurante ascension de Jezu

Il a fallu un ban de Néon pour que la carrière de Jezu prenne une trajectoire éclaire, un coup de pouce qui a forcé un destin tout écrit pour le prodige de la botlane que beaucoup annoncent en LEC sous peu.

En seulement 2 ans, Jean « Jezu » Massol est sorti de son nid, une progression éblouissante dans une scène très fournie, une preuve de talent, de maturité et de rigeur. Après une courte année passée chez Omerix à écumer des tournois de la scène française, son premier gros résultat est obtenu lorsqu’il effectue un court passage chez TrainHard et qu’il se place deuxième d’une étape d’Open Tour. Un résultat obtenu dans un échelon relativement bas de la scène compétitive française mais dans lequel on pouvait déjà observer du génie chez le jeune ADC.

Roster de Misfits Premier pour la saison 2020 de LFL.

Et puis tout s’enchaine très vite, suite au ban de Néon, Misfits Premier lui cherche un remplaçant et l’organisation est séduite par les qualités du français qui s’affirme et on entrevoit alors le joueur qu’il pourrait devenir. Malgré les changements de support à l’intersaison, il n’est pas perturbé et continue d’être le joueur le plus performant de son équipe, on osera même dire qu’il marche sur l’eau.

Et hors de la faille, c’est un sans faute pour lui également. Celui qui se décrivait comme introverti dans une interview chez Krok s’est rapidement acclimaté à son niveau statut. Il a pris de l’assurance lors des multiples interviews qu’il a réalisé et s’est même illustré dans une ambiance plus relâchée lors des EU Face-Off aux cotés de l’équipe d’O’Gaming et de Chap.

Jezu est capable d’aller très haut dans l’écosystème de League, il semble posséder toutes les qualités nécessaires qui pourraient faire de lui un excellent ADC.

A défaut de rendre hommage à une carrière comme je serais amené à le faire pour certains joueurs, c’est un hommage à une promesse que je fais aujourd’hui. Jezu est capable d’aller très haut dans l’écosystème de League, il semble posséder toutes les qualités nécessaires qui pourraient faire de lui un excellent ADC. Son champion pool est bon, ponctué de la capacité à jouer des picks traditionnels ainsi que quelques largesses comme Yasuo ou Ziggs qu’il a sorti cette saison. C’est un laner solide et une assurance pour teamfight en late game. Bien sûr tout est toujours perfectible mais il va dans la bonne direction.

A l’heure ou certains le spéculent chez SK Gaming la saison prochaine, Jezu semble prêt à relever le défi de la grande ligue. Que ces rumeurs soient fondées ou non, il n’aura plus besoin qu’un autre se fasse ban pour éclore, il possède désormais toutes les cartes pour forger son histoire et si cela n’a pas lieu cette saison, nul ne doute que beaucoup d’équipes viendront vite toquer à sa porte. Le futur de la scène française est garantie, pas que par lui bien sûr mais il devrait être l’un des leaders de cette nouvelle génération de joueurs et j’ai toutes confiances en lui pour bien représenter nos couleurs.

Astralis : l’inquiétude grandit

Une fin de saison catastrophique, des sanctions financières par Riot Games et une année 2021 aux antipodes de l’ambition, l’équipe League Of Legends d’Astralis (ex Origen) semble aux abois. Avec le retrait progressif et officiel de xPeke, la licence semble de moins en moins être une priorité pour la maison danoise, conséquences, peut-être d’une entreprise aux finances chancelantes.

Le 15 septembre dernier, dans un communiqué officiel, Kasper Hvidt le directeur du département sportif du groupe a mis au clair la situation qui entoure l’équipe LEC d’Astralis et le moins que l’on puisse dire est que cela a eu l’air d’un raz de marée. Deficio et xPeke allait prendre un peu de « recul » dans l’organisation. Pour le premier, il s’en est allé du côté de Misfits Gaming tandis que le second semble être relayé au second plan d’une équipe qu’il a pourtant crée fin 2014.

Enrique « xPeke » Cedeno Martinez, fondateur d’Origen, rattaché à Astralis depuis 2018

Il faut dire que ces changements interviennent dans un contexte complexe sur tous les plans pour Astralis, la maison mère semble empêtrée dans ce qui ressemble à un gouffre financier et leur équipe à gros budget de la saison passée sort d’une année catastrophique qui les a vu finir dernier des LEC. Comme si cela ne suffisait pas, il y a quelques semaines, Riot Game a sanctionné l’organisation danoise pour des retards de paiement, une amende de 5 000 euros qui semble dérisoire mais qui porte en elle des inquiétudes profondes pour l’équipe.

Erlend « Nukeduck » Vatevik Holm, seul rescapé de le saison dernière malgré une année décevante ?

Les rumeurs voient les arrivées de promisq, Jeksla et Zanzarah pour compléter l’équipe. Aucun de ces trois joueurs n’est un rookie, aucun de ces trois joueurs n’a réussi à s’imposer durablement en LEC. Ces trois joueurs ressemblent quelques peu à des bons joueurs de ligues régionales mais il parait compliqué de les voir s’imposer au plus haut niveau de la compétition européenne. L’autre point commun qui doit les unir est aussi qu’ils sont probablement peu chers ce qui doit être la raison de leurs recrutements. Promisq a 26 ans, Zanzarah en a 24 et Nukeduck en a 24 également. Lorsque l’on connait la longévité des carrières des joueurs de League of Legends, il parait étrange de voir une entreprise reconstruire une équipe autour de joueurs en bout de course qui n’ont jamais prouvé grand-chose.

Si on additionne bout à bout les circonstances qui entourent l’équipe League of Legends d’Astralis nous avons donc une mise en retrait de son fondateur historique, une entreprise en faillite, une équipe qui ne fonctionne pas malgré les grosses dépenses et la reconstruction d’un roster pour 2021 autour de joueurs low-cost historiquement trop faible pour être compétitif en LEC. Si je devais mettre mon argent sur une chose, ce serait probablement qu’Astralis ne fera plus parti de la scène en 2022 ou en tout cas, elle ne donne pas l’impression de le vouloir.

Team Liquid : un regard sur un mercato exorbitant

L’offseason de League of Legends réserve toujours des surprises, à l’heure ou certains tentent de reconstruire leur équipe, d’autres tentent de conserver leurs joueurs. Le tout dans un méli-mélo souvent incompréhensible. Le 17 novembre sera la date à laquelle commenceront les plus larges hostilités mais Team Liquid semble déjà sur le point de boucler son mercato avant même son début officiel. Les sommes astronomiques annoncées que dépense l’écurie américaine sont bien loin des montants dont on entend parler en Europe et les résultats internationaux ne sont pas souvent au rendez-vous. Cette saison Team Liquid semble prêt à briser sa tirelire comme jamais auparavant mais cela vaut il le coup ?

JENSEN : LE RETRAIT D’UN FAIT LE BONHEUR D’UN AUTRE

Nicolaj Jensen, joueur Team Liquid

L’annonce de la retraite de Bjergsen a bousculé l’écosystème Américain, la région perd son joueur le plus emblématique et l’une des plus prestigieuses équipes nord-américaines perd son joueur clé. Si la scène regrette unanimement le départ du Danois c’est un autre habitant du Danevang qui s’en est frotté les mains. Dans ce qui a semblé être un empressement, Team Liquid annonce que son midlaner a resigné pour un bail de 3 ans d’un montant exorbitant de 4,2 millions de dollars.

Pour mieux comprendre les raisons de ce prolongement de contrat, il faut d’abord saisir qu’il existe une règle qui limite le nombre de joueurs non-résidents qui peuvent constituer une équipe. Il ne peut y avoir plus de 2 joueurs non-résident par roster. Bjergsen et Jensen sont tous deux considérés comme résident et ils sont également considérés comme les deux midlaners les plus fiables ne prenant pas une place d’import. Ainsi, lorsque Bjergsen a pris sa retraite cela a laissé Jensen en position de force, il est devenu le midlaner le plus prisé de la ligue et on peut imaginer que Team Liquid lui a fais une offre qu’il ne pouvait refuser dans l’espoir qu’il n’aille pas voir ailleurs. A titre de comparaison, Hal Biagas directeur exécutif de l’association des joueurs nord-américain avait déclaré dans une interview que le salaire moyen d’un joueur de LCS en 2020 était de 410 000$, Jensen percevra donc plus de 3 fois ce montant.

Maintenant la question se pose de la rentabilité de ce contrat, non pas dans des détails financiers dont j’ignore tout mais plutôt de savoir si, sur un plan sportif, il était justifié de resigner Jensen pour un tel montant. Si l’on observe les midlaners de la saison dernière possédant ce statut de résident, on remarque que cela ne concerne que très peu de joueurs. Après les deux Danois, on compte Damonte, Goldenglue et Fenix. Aucun de ces trois joueurs n’est proche du statut de Jensen et aucun n’aurait été une solution viable pour le remplacer. Surtout que Jensen n’a peut-être pas les succès régionaux de Bjergsen mais il est de loin le midlaner de la région le plus performant lors de compétitions internationales. Il offre donc la garantie de bonnes performances régionales en plus de celles d’être un joueur compétitif contre les midlaners des autres régions.

Les dirigeants de Team Liquid ne sont pas imbéciles et s’ils ont mis un tel montant sur Jensen c’est probablement car il y avait d’autres équipes de LCS prêtes à sortir les gros sous pour s’attirer ces services. On sait par exemple que TSM cherche à remplacer Bjergsen et une rumeur circule indiquant que Nisqy ne serait peut-être pas de la partie chez Cloud9 la saison prochaine. Cela fait deux équipes possédant le capital financier et l’aura nécessaire pour attirer Jensen. Alors cela a peut-être semblé être une réaction très rapide et apeurée de la part de Team Liquid mais l’équipe se devait de conserver son joueur et a dû faire des largesses économiques pour y parvenir et il faut dire que ce ne sera pas la seule qu’ils feront.

ALPHARI : LE ROI EN EXIL

Barney « Alphari » Morris, joueur de l’équipe Origen.

Si Team Liquid ne peut pas se permettre de perdre Jensen c’est aussi car son deuxième slot d’import va être rempli par l’arrivée du Gallois Alphari. Considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs -si ce n’est le meilleur- toplaner d’Europe, Alphari sort de deux saisons galères avec Origen. Pour un joueur de son standing, ne pas aller aux Worlds chaque saison est un échec alors sa dernière place lors du Summer 2020 a dû résonner comme une très cuisante désillusion. Alphari a vécu deux saisons complexe certes mais il jouit toujours d’une très solide réputation en Europe. Et avec l’annonce qu’Astralis allait avoir un budget low-cost cette saison, il semblait évident que l’écurie ne pourrait retenir ni Upset ni Alphari ces deux joueurs stars. Il va y avoir du mouvement en toplane en Europe, Vitality, Schalke, Rogue, MadLions et Misfits Gaming vont tous probablement y effectuer des changements. Il y à un point commun à toutes ces équipes : elles ne sont ni G2 ni Fnatic. Et on le sait, seul G2 et Fnatic gagnent en Europe et Alphari veut gagner.

Alors quand il a reçu une offre pour faire parti de Team Liquid, il a probablement bien fait de l’accepter. Son salaire a dû être démultiplié et il rejoint enfin une équipe qui peut gagner son championnat. Alors certes, certains avanceront l’incapacité d’une équipe d’Amérique du Nord de performer internationalement ce à quoi, il serait possible de leur opposer que Team Liquid a fais mieux aux derniers Worlds que 2 des équipes Européennes, les deux autres étant encore une fois G2 et Fnatic. Il n’existe pas réellement de raisons bien fondées qui aurait pu justifier qu’il reste en Europe alors il ira en Amérique du Nord, rejoindre l’un des plus gros rosters que la ligue n’ait jamais vu et je prédis qu’il trouvera enfin le succès qu’il mérite.

ET DANS LA JUNGLE ?

Lucas « Santorin » Tao Kilmer Larsen, joueur FlyQuest.

Team Liquid a donc déjà dépensé des gros sous sur 2 joueurs ce mercato. Si on y ajoute le salaire de CoreJJ qui doit être conséquent ainsi que celui de la pépite montante Tactical qui a également du attirer les convoitises, l’organisation est dans l’obligation de signer un jungle nord-américain et on serait tenter de les imaginer vouloir réduire les couts. Il semble déjà compromis de les voir faire monter Grig de leur équipe académique. Le joueur a eu plusieurs chances de prouver son niveau en LCS et le moins que l’on puisse dire est que cela ne s’est jamais très bien passé, de plus il sort d’une saison catastrophique avec l’équipe académique qui a fini en dernière position et de laquelle il était l’un des joueurs les moins performants.

Le choix le plus évident et vers lequel toutes les rumeurs tendent est celui de Santorin. Le joueur de FlyQuest a été le jungle le plus performant du dernier Summer et de loin. De plus, il ne compte pas comme un joueur importé depuis 2 ans désormais. Son acquisition risque de ne pas être à bas cout, vu qu’il se trouve également dans une situation de force après ses dernières performances. Néanmoins, on peut spéculer que l’idée de rejoindre un pareil roster puisse être un poids de taille dans la négociation salariale. Quoi qu’il en soit, l’arrivée de Santorin ferait probablement de ce roster de Team Liquid l’un des plus chers jamais vu en Amérique du Nord. Et pour quels résultats ?

UN SPLIT IMPERDABLE ?

Avec de tels investissements, remporter la ligue régionale semble être un objectif qui sonne comme une obligation. Et Team Liquid devrait profiter de bonnes circonstances, Cloud9 va, au moins, changer de toplaner et sort d’une saison compliqué ponctué d’un écroulement incompréhensible, TSM va devoir se reconstruire sans son joueur clé et avec un Doublelift sur le déclin tandis que FlyQuest se verra amputer de l’un de ces 2 meilleurs joueurs. Si je devais mettre une piece sur la seule équipe que je pourrais voir contester Team Liquid ce serait potentiellement Evil Geniuses. Et pour cause, Huni ne comptera plus comme un résident dès cette saison est ainsi se justifiera son transfert ainsi que celui de Jizuke lorsque les deux joueurs pourront être alignés ensemble, Svenskeren devrait resigner avec l’organisation qui va enregistrer l’arrivée de Peter Dun ancien coach des MadLions. Il leur faudra néanmoins palier le départ de Bang mais s’ils y parviennent, leur roster sera effrayant.

L’autre réalité de ces investissements est aussi la performance internationale. Et là encore, il y à des signes encourageants. Jensen et CoreJJ sont fiables en compétitions internationales, Tactical a montré énormément de promesses, Santorin sort d’une bonne performance aux Worlds et Alphari a prouvé qu’il pouvait être très performant contre tout les toplaners européen. Sur le papier, c’est une équipe armée pour bien performer même si avec l’Amérique du Nord, il ne faut jamais trop s’avancer. Une chose est certaine, Team Liquid a cassé sa tirelire et il va falloir des résultats pour justifier ces dépenses.

Où pourrait rebondir Perkz ?

Si la volonté du joueur croate de retrouver la midlane n’était inconnue de personne, la rumeur enflante de son départ de G2 Esports est un choc pour celui autour duquel se sont formés tout les rosters de l’organisation espagnole. Si cette rumeur venait à se confirmer, quelle équipe pourrait s’attacher les service de Perkz ? Voici quelques pistes.

FNATIC : L’ETERNEL RIVAL

Fnatic va très probablement se séparer de Nemesis suite à des performances en deçà des attentes qui reposent sur tout les joueurs d’une telle équipe. Le slovène n’a jamais réussi à pleinement remplacer Caps et seul un très bon midlaner le pourrait. Si il existe des rumeurs qui lient LIDER à Fnatic, on les voit mal ne pas tenter de recruter celui qui est toujours l’un des tout meilleurs à son poste en Europe s’il venait à quitter G2 Esports. On retrouverait alors un roster de Fnatic qui pourrait clairement concurrencer celui de G2 Esports et qui promettrait des finales grandioses. On se doute que Perkz aurait alors à cœur de prouver que l’équipe aurait du le conserver.

TSM : EN QUETE D’UN NOUVEAU CARRY

La retraite de Bjergsen en tant que joueur va faire mal à TSM. Le danois a littéralement porté son équipe à bout de bras pendant les playoffs et les a emmené aux Worlds. Il est probablement le joueur le plus emblématique des LCS et il faudra bien du courage au joueur qui le remplacera pour assumer son rôle. TSM a les moyens financiers d’attirer Perkz sans aucun doute et ce serait là une opportunité pour le joueur d’ajouter une ligne à son palmarès déjà très étoffé. Néanmoins, les passages aux Etats-Unis n’ont pas souvent réussi aux joueurs Européens, l’échec récent de Broxah pourrait servir d’avertissement à Perk. Ce serait au moins l’assurance pour lui de recevoir un énorme chèque même si ce serait une grande perte pour les LEC.

CLOUD9 : LE « DARK HORSE »

Il y à quelques jours, Travis Gafford a déclaré qu’une rumeur circulait indiquant que Nisqy ne ferait peut être pas partie du roster de Cloud9 la saison prochaine. Avec le départ déja annoncé de Licorice la masse salariale de Cloud9 a du chuter considérablement, peut être suffisamment pour s’attirer les service de Perkz. Il pourrait y retrouver Zven avec lequel il avait remporté 3 split de LEC ( summer 2016, spring 2017 & summer 2017). Si elle semble être l’option la plus faible des trois, elle n’est pas à exclure.

Quoi qu’il advienne, ce ne sont pour le moment que des spéculations. Aucune annonce officielle n’a été faite ni par G2 Esports, ni par Perkz lui même. Si cette rumeur se confirme, elle pourrait enflammer cette période de transfert et rabattre beaucoup de cartes.

Cabochard : l’abeille originelle

C’est avec beaucoup d’émotions que l’on sait sincère que Fabien « Néo » Devide, co-propriétaire et président de Vitality a annoncé dans une interview pour l’émission VIP avec Orange que cette saison marquerait la « fin d’un cycle avec Cabochard ». Celui qu’il décrit comme « son capitaine » a fait parti de tout les rosters de Vitality depuis l’intégration de la structure française au plus haut niveau de la compétition européenne. Si il est aussi ému, c’est par ce que la « ruche » se sépare de son plus emblématique et fidèle joueur.

Aujourd’hui, alors que les chemins de Vitality et Lucas « Cabochard » Simon-Meslet se séparent, il faut rendre hommage à celui que la scène appelle affectueusement Cabo, histoire d’un joueur discret et apprécié qui aura marqué la scène par sa longévité et sa constance et qui, on le lui souhaite, saura trouver du succès dans une autre équipe.

Lucas « Cabochard » Simon-Meslet, joueur Vitality depuis la saison 2016

Cabochard apparait au plus haut niveau européen en 2014, lors de la cinquième semaine du Summer Split où il est temporairement sollicité pour jouer deux matchs pour le roster de Gambit Gaming. L’équipe russe est alors en perdition et cherche de nouveaux repères pour sortir la tête de l’eau dans un split qu’elle finira avant-dernière. La présence du toplaner français ne suffit pas et l’équipe perd les deux matchs dans lesquels il fait une apparition. Ce remplacement est immédiatement écourté et Cabochard rebondit chez Ninjas in Pyjamas, une organisation suédoise qui cherche à se qualifier pour les EU LCS. Mais là encore, malgré un parcours prometteur, l’équipe échoue à se qualifier de peu. L’organisation se sépare de son équipe de League of Legends (ils réapparaitrons en 2017) et Cabochard est approché puis recruté par une organisation qu’il connait bien, Gambit Gaming.

Et c’est dans ce roster que Cabochard trouvera sa première année stable en EU LCS dans une équipe ou il rejoint le légendaire Danil « Diamondprox » Reshetnikov . Il ne sera pas remplacé de la saison (ni pour le reste de sa carrière d’ailleurs) et après un Spring prometteur (l’équipe finit 4e de la saison régulière et 6e des playoffs), l’équipe s’écrase quelque peu et finira le Summer Split à la 8e position, synonyme de barrages pour conserver sa place dans la ligue. Gambit parviendra à conserver son « spot » en EU LCS en écrasant mousesports dans un match de barrage sans contestation . Si la saison n’a pas tourné comme l’équipe l’espérait, Cabochard a crevé l’écran. Voté comme le deuxième meilleur toplaner de la saison derrière l’invaincu Heo « Huni » Seung-hoon (jouant pour Fnatic venant d’effectuer le seul split parfait de l’histoire de la région), c’est sans surprise que lorsque Vitality rachète le « spot » de Gambit Gaming, l’écurie française décide de récupérer Cabochard par la même occasion et de construire une équipe autour de celui qui deviendra son joueur emblématique.

Le premier roster de Vitality, avec Cabochard au premier plan, suivi dans l’ordre de KaSing (support), Shook (jungle), Hjarnan (botlane) et Nukeduck (midlane).

Le roster montre des promesses, l’équipe finit 3e de sa première saison régulière et malgré une élimination précoce en playoffs aux mains de Fnatic, il est clair que le potentiel est là. Cabochard est élu meilleur toplaner de la ligue pour ce split et tout semble indiquer que l’équipe à tout pour briller. Malheureusement, le Summer Split est décevant et l’équipe ne parvient pas à se qualifier pour les playoffs. Cela marque le début d’un passage compliqué pour l’écurie Vitality, des changements de roster ont lieu et seuls Cabochard et Nukeduck conservent leurs places. Malheureusement, les remaniements ne suffisent pas et Vitality traverse l’année 2017 de façon fantomatique, des changements profonds doivent être opérés. C’est dans cette optique que l’équipe engage son nouveau coach, le suédois Jakob « YamatoCannon » Medbi qui va totalement reconstruire le roster et la philosophie de l’équipe autour de son leader et seul rescapé, Cabochard.

Et pour se faire, Vitality achète 4 des 5 membres de l’équipe Giants Gaming, un roster qui vient tout juste de se qualifier pour les EU LCS et qui a montré de très belles choses tout au long de sa phase qualificative. Accompagné de Gilius (jungle), Jizuke (midlane), Minitroupax (désormais nommé Attila en botlane) et Jactroll (support), Cabochard et Vitality vont écrire la plus belle page de l’histoire de l’équipe et gagner le respect et l’admiration de tous.

Le roster 2018 de Vitality encadré par son coach YamatoCannon. Kikis (deuxième joueur en partant de la droite) fera son apparition dans la jungle au Summer Split.

L’équipe profite alors de la synergie déjà établie entre ces 4 nouveaux joueurs et de la solidité de Cabochard pour développer son nouveau style. Cabochard prend alors un rôle de pilier et d’assurance pour le late game et permet au reste des joueurs de développer un style de jeu explosif recherchant sans cesse le combat dans une volonté de ne pas laisser respirer leurs adversaires. Cette stratégie est non seulement efficace mais elle facilite l’émergence de Daniele « Jizuke » di Mauro qui démontre des qualités individuelles prodigieuses. L’équipe finira 4e de son premier split et de ces premiers playoffs et à la faveur d’un changement de jungle (Kikis remplace Gilius), elle parviendra à se hisser sur le podium des playoffs pour la première fois de son histoire et à se qualifier pour sa première compétition internationale : les Worlds 2018.

Placé dans le « groupe de la mort » aux cotés de Royal Never Give Up (les favoris annoncés de la compétition), Gen G (les champions du monde sortant) et Cloud 9 (futur demi-finaliste du tournoi), beaucoup d’analystes et de fans ne voyaient pas Vitality faire illusion bien longtemps sur la scène internationale mais la prestation qui a suivi aura permis d’inscrire le nom de Vitality dans l’histoire de la compétition et aura donné du volume à son roster. Dans ce qui restera probablement l’une des fins de match les plus légendaires de l’histoire du jeu, Vitality fait chuter Gen G dès le premier jour de la compétition lorsque suite à un match à couteaux-tirés, Attila et Jizuke réussissent un backdoor et font tomber le nexus de l’équipe coréenne. Devant un public médusé, Vitality réussit un exploit aussi phénoménal qu’inattendu et désormais, tout les fans à travers le monde découvrent cette équipe et leur style si particulier.

Si l’équipe échouera à une victoire près de sortir de sa poule, elle ne sera pas éliminée dans l’anonymat. Vitality peut désormais associer son nom à son nouveau prestige qu’elle a acquis sur la plus grand scène possible. Cabochard pour sa part, livre des prestations de qualités, le monde a découvert qu’il était un excellent toplaner, un solide et fiable joueur qui a les épaules pour conduire son équipe au succès. Cette performance et cette saison resteront le point culminant de Vitality sur la scène League of Legends et par extension, celui de Cabochard également.

Roster 2019 de Vitality, le seul changement opéré est dans la jungle ou le coréen Mowgli remplace Kikis.

On prend presque les mêmes et on recommence. Pour la saison 2019, Mowgli (recruté chez les Afreeca Freecs) remplace Kikis dans la jungle. Si l’ambition est revu à la hausse, l’exécution laissera à désirer. Jizuke performe mal du à des problèmes personnels et la synergie entre Mowgli et le reste du roster ne parvient pas à s’établir. L’équipe se qualifiera tout de même pour les playoffs lors des deux splits mais sera éliminée au premier tour à chaque fois. Il est à nouveau temps de reconstruire, Duke et Mephisto viennent remplacer YamatoCannon et seul Cabochard et Jactroll seront conservés. Vitality compte une nouvelle fois sur son toplaner pour encadrer une équipe de jeunes talents, l’équipe prévue pour accompagner Cabochard est Skeanz dans la jungle, Milica en midlane et une botlane grecque composée de Comp et son support Labrov.

Mais la saison 2019 n’épargne pas Vitality qui se retrouve à devoir composer avec des problématiques toute l’année, des soucis de passeport pour Milica, les mauvaises performances de Jactroll et le jonglage dans la jungle entre Skeanz et Nji. Tout cela cumulé ne crée pas un environnement de jeu très favorable et Vitality squatte le fond de la classe tout au long de la saison mais à la fin du split, lorsque le roster prévu originalement est enfin présent, on sent que la synergie s’installe et que l’équipe est pleine de potentielle. Cabochard vit une saison compliqué comme toute son équipe et pour la première fois il parait presque essoufflé par moment.

Le roster 2020 de Vitality.

Il semble donc que cette saison marquera la fin de la collaboration entre Cabochard et Vitality. Elle semble logique car elle vient après une saison compliqué pour les deux partis mais elle inquiète également car elle fait craindre que les évènements les plus récents heurtent le souvenir qu’auront certaines personnes de Cabochard. On ne pourra jamais dissocier son nom de celui de Vitality, il fut, à l’instar de Rekkles pour Fnatic ou Perkz pour G2, le pilier, le visage de son organisation sur League of Legends. Il fut l’un des meilleurs toplaners d’Europe, preuve en est sa capacité à traverser le temps, il n’a peut être pas de titre de champion d’Europe en totem d’exposition de son talent mais cela ne l’empêche pas d’être un grand joueur qui restera dans nos cœurs ou qu’ils décident de poursuivre son chemin.

Aujourd’hui, il nous faut rendre hommage à un joueur exemplaire, fidèle qui aura su nous faire vibrer et qui aura su représenter la France au mieux. Il ne nous reste plus qu’à lui souhaiter bonne chance et à le remercier.