Bilan de la deuxième semaine de LFL

Fin de la deuxième semaine de la LFL. Avec quelques surprises, les positions se sont renforcées et Misfits Premier règne toujours en maître de la ligue française.

La bonne performance : Vitality Bee à la relance

Et de trois d’affilées pour l’équipe académique de Vitality. Après un démarrage compliqué, la ruche a profité d’un calendrier peut être plus clément pour se relancer. Deux victoires avec la manière pour Vitality Bee contre Solary et GameWard et un niveau de jeu qui s’est grandement élevé. Pas de backdoor, pas de grossières erreurs, tout les joueurs de l’équipe ont rendu deux belles copies. Mention spéciale à la partie époustouflante de Memento contre Solary sur son Pantheon. Attention, le calendrier se durcit de nouveau la semaine prochaine avec une opposition contre Misfits Premier, un gros test pour les jaunes et noirs qui semblent avoir trouvé leurs rythmes. Evidemment, Misfits Premier aurait pu/du être cité comme la bonne performance de la semaine, j’ai simplement jugé que l’équipe continuait sur son rythme de croisière, comme on dit R.A.S.

La surprise : MCES débloque son compteur

Pour la dernière semaine sans son titulaire officiel en ADC, (Tiger revient la semaine prochaine) MCES a pris la mesure de l’opposition contre LDLC OL et a remporté une partie au long court. Marquée par une superbe performance du jungle Boukada, MCES reprend confiance et se donne un peu d’air. Si la game contre la Karmine Corp fut plus complexe, il y à de quoi garder espoir pour une formation annoncée au fond du classement qui montre qu’elle a de quoi faire du jeu. Une semaine en 1-1 et une belle occasion de redémarrer à neuf avec Tiger. Même si le match contre BDS semble déséquilibré sur le papier, l’affrontement contre Solary, en difficulté, pourrait être une bonne occasion de doubler la mise pour l’équipe sudiste.

La rude semaine : Solary et Izi Dream, gommer et repartir

Une semaine à oublier pour les deux formations. En difficulté évidente, Solary semble peiner à trouver son style de jeu et son rythme. Djoko a été très astucieusement ciblé à deux reprises et n’a jamais su refaire son retard. Derrière, Solary a semblé perdu sur la map, peu coordonné. Au final, deux parties rapides contre Misfits Premier et Vitality Bee ou ils n’ont jamais semblé pouvoir produire leurs jeux. Rien n’est perdu pour les tourangeaux qui joueront contre MCES et Gamers Origin la semaine prochaine, un match contre MCES qu’il faut absolument gagner pour repartir de l’avant.

Pour Izi Dream, le bilan comptable est le même mais la manière semble différente. Deux défaites contre GameWard et LDLC OL toutes deux marquées par une défaillance assez évidente de Bando. En difficulté individuelle et désynchronisé avec le reste de son équipe, le toplaner suisse n’a pas semblé dans son assiette cette semaine. Il serait simple de le pointer du doigt comme seul responsable des mauvaises performances de son équipe mais honnêtement, les calls n’ont pas été très bon et l’équipe a joué un peu trop précipitamment, on pourra notamment penser à cette volonté de défendre un Baron contre LDLC OL qu’ils ne pouvaient pas défendre et qui aura fini par leur couter la partie de jeu. La semaine prochaine c’est Vitality Bee et Karmine Corp au programme, autant dire qu’il va falloir être très très solide.

Le joueur de la semaine : Dimitri « Diplex » Ponomarev

Superbe semaine pour le jeune prodige de la midlane. Dans la dynamique de son équipe, Diplex a livré deux prestations exemplaires cette semaine. Déjà impeccable contre Solary sur sa Zoé, il a récidivé contre GameWard sur son Galio avec lequel il a livré une prestation qui touche la perfection (4/0/10 avec un k/participation de plus de 80%). A l’image de son équipe, il semble avoir trouvé son rythme de croisière et on commence à apercevoir les promesses que beaucoup ont placé en lui.

La semaine prochaine

Plusieurs rencontres intéressantes la semaine prochaine, à commencer par l’affiche alléchante entre Vitality Bee et Misfits Premier, deux équipe en très bonnes formes. De l’autre coté du classement, MCES rencontrera Solary dans une rencontre qu’aucune des deux équipes ne peut se permettre de perdre. Les fans de la Karmine Corp seront sûrement au rendez vous car pour la première fois, l’équipe a un calendrier plutôt clément avec une réelle possibilité de remporter toutes les rencontres d’une même semaine contre LDLC OL et Izi Dream. Une possibilité pour la formation de prendre le large et d’entrevoir plus que sérieusement les playoffs.

sOAZ : l’immortel

Dans le monde du gaming, la carrière de joueur professionnel rencontre souvent l’insurmontable obstacle de la longévité. Rares sont les joueurs qui parviennent à maintenir leur place et leur statut dans l’esport dans le temps. Cela est dû à l’arrivée constante de nouveaux joueurs, la difficulté de maintenir l’extrême difficulté de maintenir son niveau de jeu mais également la présomption qu’un joueur vieillissant peut difficilement rester compétitif. Dans un jeu tel que League of Legends où les joueurs sont amovibles et ou le nombre de compétiteurs de talents a explosé entre les débuts de la scène et sa consolidation, rare sont ceux qui sont parvenus à rester au plus haut niveau. Les noms de Doublelift ou Diamondprox sont les reliques d’une première génération de joueurs qui ont submergé la scène alors même qu’elle était à ses prémices. Loin des stades remplis, des millions de spectateurs et du confort financier dans lesquels League of Legends évolue désormais, c’est dans un tout autre cadre, plus intimiste que la scène a connu sa première flambée de joueurs. Et au milieu de la masse défilante de professionnels de l’époque, il y avait sOAZ, un joueur qui faisait déjà parti des meilleurs et qui a traversé l’histoire de la scène de League of Legends. Alors qu’il a mis sa carrière en suspens pour se lancer dans le coaching chez LDLC OL, c’est le bon moment pour évoquer sOAZ, sa légende et son incroyable parcours dont les deux dernières saisons mitigées ne doivent pas affecter l’exceptionnalité. Portrait de Paul « sOAZ » Boyer, l’un des joueurs les plus emblématiques que l’ouest n’ait jamais connu.

C’est lors de la première édition des Worlds que sOAZ commence à écrire sa légende. Alors joueur de aAa (against All authority), il finira la compétition sur la seconde marche du podium, n’échouant que de peu lors de la manche décisive d’un BO3 contre Fnatic. Dans une scène qui ne ressemblait en rien à celle que l’on connait aujourd’hui, il est déjà évident que le jeune sOAZ dispose de grandes qualités. Si l’équipe parvient à se maintenir parmi les meilleurs, elle ne franchira jamais le cap et se retrouve bloquée dans le ventre mou de la hiérarchie mondiale dominée par des équipes telles que TSM, CLG, Moscow 5 et Fnatic. Les quelques organisations qui parviennent à se stabiliser et à relativement se professionnaliser se partagent la gloire ne laissant que des miettes aux autres écuries. Mais à la mi-2012, Fnatic qui commence à montrer quelques signes de faiblesse et d’inconstances va se séparer d’un de ses joueurs phares, le polonais Maciej « Shushei » Ratuszniak et va le remplacer par sOAZ ce qui marque le début d’une association qui va marquer l’histoire du jeu à tout jamais. Et c’est avec Fnatic, que sOAZ va participer à la première édition des EU LCS, la forme première de la LEC que nous connaissons aujourd’hui.

De gauche à droite : Cyanide, sOAZ, xPeke, puszu & YellOwStaR

L’équipe prend immédiatement le pli et sOAZ va rouler sur l’Europe avec Fnatic durant deux années. La compétition internationale s’est néanmoins durcie et si Fnatic sont les maitres incontestés de l’Europe (trois titres sur les quatre premiers splits), l’organisation ne parvient pas à s’imposer sur la scène internationale. En 2013, l’équipe perd en demi-finale des Worlds contre Royal Club et en finale des IEM contre KT Rolster Bullets, équipe coréenne menée par Score et Ryu. Mais en 2014, à l’issu du premier split européen que l’organisation ne remporte pas, Fnatic connait ses premières difficulés majeures. Au Worlds, l’équipe ne parvient pas à sortir des poules, un premier gros revers pour l’organisation qui aura des conséquences impressionnantes. Rekkles, xPeke et Cyanide quittent Fnatic et le midlaner espagnol va fonder Origen où ne tardera pas à le rejoindre sOAZ. Avec cette nouvelle équipe, sOAZ écrase la seconde division européenne pour se qualifier pour les EU LCS. Désormais de retour dans l’élite de la scène européenne, sOAZ et xPeke ont leurs yeux rivés vers le titre, rivés vers Fnatic. Et comme si tout était écris, Origen et Fnatic finiront par s’affronter en final des playoffs cette année-là. Ce BO5 a marqué l’histoire de la ligue à tout jamais, l’invincible Fnatic qui n’avait perdu aucune partie de la saison et des playoffs vacille mais finit par remporter le titre dans un affrontement qui sera allé jusqu’à la cinquième manche. Si cette défaite marque un premier coup d’arrêt pour Origen, le roster pourra se satisfaire d’une belle campagne au Worlds 2015 qui s’achève en demi-finale contre SKT menée par un certain Faker ainsi que de sa victoire aux IEM – San Jose où l’équipe n’aura perdue aucune game.

A ce point dans sa carrière, sOAZ est déjà un vétéran de la scène, le renouvellement des joueurs a été massifs et il fait déjà parti des derniers joueurs à avoir traversé toutes les époques du jeu. Mais sOAZ fait toujours parti des tous meilleurs et malgré cela, l’année 2016 sera, à date, l’année la plus difficile de sa carrière. En panne d’inspiration et en proie à des difficultés de niveau de jeu, Origen va connaitre un Summer Split cauchemardesque que l’organisation finira à la 9e place du classement, devant se battre pour maintenir sa place en EU LCS. C’est le moment que sOAZ choisit pour rentrer chez lui, il quitte Origen et retourne chez Fnatic pour la saison 2017. Un retour effectué au même moment que l’arrivée d’un certain Caps. Malheureusement, c’est une nouvelle année vierge pour sOAZ qui n’a plus remporté de titre européen depuis avril 2015. Malgré une campagne aux Worlds correcte, marquée par l’incroyable comeback effectuée par l’équipe lors de la phase de groupe, cela commence à faire longtemps que sOAZ n’a pas posé ses mains sur un trophée, trop longtemps pour celui qui est déjà le meilleur toplaner que l’Europe n’a jamais produit. Si l’année 2018 marque le retour de la victoire pour sOAZ et Fnatic qui remporteront les deux splits, elle marque aussi le début de la transition entre le vétéran français et son futur remplaçant, Bwipo. Alors qu’il joue la majorité de la saison comme titulaire, le temps de jeu de sOAZ diminue quelque peu lors des playoffs du Summer Split à cause d’une blessure, ou il est remplacé à trois reprises. La transition sera complétée lors des Worlds ou Bwipo joue la majorité des games et ou Fnatic échouera en finale. 7 ans après, il égale son meilleur résultat international mais la symbolique n’est plus la même.   

A l’issue de la saison 2018, sOAZ quitte Fnatic et rejoint Misfits Gaming

Il apparait clair que Bwipo sera le choix vers lequel Fnatic allait se tourner pour la suite et sOAZ, voulant disposer de temps de jeu quitte l’organisation et rejoint Misfits Gaming qui met sur pied un roster se voulant ultra-compétitif. Malheureusement, malgré des débuts prometteurs, le roster ne trouve jamais son rythme et ne se qualifie à aucune phase de playoffs. La majorité de l’équipe sera même totalement remplacée par l’équipe académique de Misfits au milieu du second segment. Un coup dur pour sOAZ qui voit déjà se pointer les critiques autour de son âge qu’il juge injustifiées. Il faut dire qu’après son départ de Fnatic, sOAZ entame un nouveau combat dans sa carrière. La perception d’un joueur de son âge dans la scène est près systématiquement associée à une baisse critique du niveau de jeu. Sa saison 2020 chez Immortals est un fiasco collectif qui ne va pas apaiser les critiques à son égard. Si il est certain que son niveau individuel n’est plus ce qu’il a pu être par le passé, les critiques sont disproportionnées, amplifiées et les défaillances collectives sont souvent réduites à des défaillances individuelles de sa part ou de la part d’Eika, son midlaner chez Immortals que n’a pas été épargné non plus cette année là. sOAZ décide alors de faire une pause, il qualifie les deux dernières saisons de particulièrement éprouvantes et la quarantaine américaine semble vraiment l’avoir affecté. Il sera annoncé comme nouveau coach de LDLC OL.

Avec la retraite de Doublelift et la pause de sOAZ, la scène League of Legends entamera l’année 2021 sans aucun joueur de la saison 1 des Worlds encore en activité dans une des régions majeures, une première. sOAZ est l’un des joueurs les plus accomplis de l’histoire du jeu, il a remporté le championnat européen à de multiples reprises, connu 6 campagnes aux Worlds desquelles il a atteint 5 fois les playoffs dont 2 fois la finale, le tout avec 3 équipes différentes et sur une durée de 8 ans. Il y à très peu de joueurs qui peuvent rivaliser avec ses accomplissements, il se situe tout en haut de la hiérarchie européenne aux cotés de joueurs tel que Caps,Perkz,Rekkles ou Jankos pour ne citer qu’eux. Mais au delà de son exceptionnel carrière, son parcours permet de mettre en lumière la question houleuse de la longévité de la carrière des joueurs ainsi que celle de la force de la perception collective sur la perception du niveau individuel.

Quoi qu’il advienne désormais, sOAZ est une légende et il restera à jamais l’un des meilleurs joueurs européens à n’avoir jamais posé ses mains sur le jeu. Ses accomplissements et le déroulement de sa longue carrière parlent pour lui. Ceux qui n’ont découverts que très récemment la scène compétitive de League of Legends ne se rendent peut être pas compte de l’importance de sOAZ tant les deux dernières saisons de sa carrières ont, injustement, affecté la perception que certains avaient de lui. Aujourd’hui, Wunder semble en chemin pour le rejoindre en tant que toplaner le plus historique de la ligue mais, sûrement par nostalgie, il ne le remplacera jamais à mes yeux.

La dynastie de brTT

A bientôt 30 ans, Felipe « brTT » Gonçalves rempile pour une nouvelle saison chez paiN Gaming. De sa domination d’une scène brésilienne qu’il n’a jamais quitté à ses prestations sur la scène internationale qui ont mis la CBLOL sur la carte, portrait du joueur le plus emblématique de l’éternel pays d’avenir, véritable figure du League of Legends brésilien.

S’il fallait résumer la carrière de brTT, il faudrait parler de son exubérance, de son explosivité et de son humour avant tout. Une personnalité addictive qui est le fondement de sa gigantesque popularité en Amérique du Sud. Il est probablement un joueur inconnu du grand public de ce côté du globe mais chez lui, brTT a tout gagné et c’est une star. Il a remporté plus de championnats que quiconque et dans l’anonymat du reste de la planète, il est aujourd’hui l’une des plus grandes vedettes du jeu, l’une des plus suivies, l’une des plus attachantes. Son surnom « Pai » (père) que lui ont attribué les fans brésiliens en dit long sur son importance et sur son rôle dans la structuration de la CBLOL et de la scène brésilienne en générale dont il est la figure depuis 2012. Armé de son Draven – duquel il admet partager plusieurs traits de caractères – il est devenu l’ADC le plus performant de son continent.

Le rêve fou de brTT a été de remporter les championnats du monde avec un équipe brésilienne, il a œuvré toute sa carrière dans ce but, jusqu’à quitter son équipe de toujours paiN Gaming pour rejoindre la superteam de Vivo Keyd en 2014, qui n’aura jamais produis les résultats attendus. Finalement, c’est bien avec paiN Gaming qu’il finira par obtenir ses résultats les plus probants. Si les fans se souviennent plus souvent du run de l’équipe russe Albus NoX Luna en 2016, ils ont tendance à oublier qu’en 2015, une équipe brésilienne a fait chavirer la scène internationale. En prenant une game à Counter Logic Gaming et une aux Flash Wolves, paiN Gaming et brTT ont accompli ce qu’aucune équipe issue d’une région Wild Card n’était parvenu à faire, remporter plusieurs rencontres en phase de groupe. Une performance qui peut paraitre anecdotique mais qu’aucune équipe brésilienne n’a – à ce jour – réussi à reproduire.

D’une manière romantisée, il est normal que le plus haut accomplissement du League of Legends brésilien fut rendu possible par brTT. Deux années plus tard, porté par la foule brésilienne, il échouera à se qualifier au MSI 2017 devant son public et depuis, il est reparti à l’assaut de la CBLOL. Il est compliqué pour un européen de se rendre compte de l’impact d’un joueur comme brTT sur l’écosystème du jeu dans son pays. S’il n’a pas toujours été le meilleur, il est le joueur le plus populaire, le plus aimé et le plus accompli du Brésil et il n’a pas fini de faire parler de lui. Sans complexe, sans tabou, il explique qu’il veut continuer, à 30 ans, de se battre pour conserver sa place car au fond de lui, il n’a pas abandonné son rêve, aussi fou puisse t’il être.

LFL 2021 : Les premiers enseignements

Alors qu’a sonné la fin de la première semaine de LFL, retour sur les premiers enseignements de cette folle superweek.

Le leader : l’indéboulonnable Misfits Premier ?

Misfits Premier a complétement dominé son sujet en ce début de split. Seule équipe invaincue après les trois premières game, la prouesse est d’autant plus impressionnantes que les équipes vaincues ne font pas parties du fond de la ligue. Parfois brouillon, contre la Karmine Corp notamment, Misfits a livré deux parties de jeu chirurgicales contre Gamers Origin et LDLC OL. Emmené par un Woolite de gala, l’équipe semble un ton au dessus du reste de la ligue pour le moment. Le match contre BDS de la semaine prochaine sera un incontournable et une nouvelle semaine sans défaite semble à l’horizon pour eux.

La surprise : Izi Dream est bien au rendez-vous

La maitre mot de cette semaine pour Izi Dream est le progrès. En difficulté lors de leur match d’ouverture contre Solary, l’équipe a arraché une victoire contre MCES avant de livrer une prestation plus convaincante contre BDS. Viking a fais forte impression, il a été constamment bon lors des victoires de son équipe et a ,par moment, tenu Izi Dream à bout de bras. On a senti l’équipe en progression collective très rapide, Backlund et Seelame ont également brillé par moment et l’un dans l’autre, le niveau entraperçu par moment est bien supérieur à celui auquel les analystes plaçaient l’équipe.

Le moment : la Karmine Corp remporte le classico

Entrée en matière réussie pour la Karmine Corp. Une victoire à l’arrachée contre Vitality Bee et une défaite à couteau tirée contre Misfits Premier, deux signes encourageants pour l’équipe la plus populaire de la ligue à l’aube du match le plus important de la saison. Et l’équipe n’a pas déçu. Devant 200 000 spectateurs et menée par un Saken des grands soirs, la Karmine Corp a remporté l’affrontement le plus attendu de l’histoire de la scène francophone. Un moment déjà historique, qui servira de pierre angulaire à la LFL. On aura notamment vu le midlaner français et Targamas briller cette semaine ainsi que de bonnes performances de xMatty et d’Adam pour sa première. Un peu plus en difficulté individuellement, Cinkrof saura probablement s’appuyer sur la bonne dynamique de son équipe. L’équipe affrontera notamment Gamers Origin la semaine prochaine, un match compliqué mais tout semble possible pour cette line-up.

La rude semaine : MCES manque de solutions

Entame complexe pour la Team MCES. L’équipe ne joue pas encore avec son ADC et les parties de jeu se ressemblent pour le moment. En difficultés individuelles et collectives, les joueurs de MCES ne semblent pas avoir trouvé de solutions pour prendre le contrôle des games. L’affrontement contre Izi Dream a néanmoins quelques peu rassuré malgré la défaite, on y a vu une équipe plus entreprenante et capable de produire du jeu au contre de leurs games contre Vitality Bee et Gamers Origin. Tout n’est pas perdu pour eux, loin de là mais il va falloir commencer à inverser la courbe, surtout que la semaine prochaine ils affronteront LDLC OL et la Karmine Corp, deux opposants plus que sérieux.

Le joueur de la semaine : Pawel « Woolite » Pruski

3 matchs, 3 Kai’Sa, 3 victoires. Woolite a roulé sur tout le monde cette semaine. Son association avec Jactroll a l’air de fonctionner et on retiendra notamment sa copie parfaite rendue contre la Karmine Corp qui a permis de maintenir son équipe à flot contre les assauts répétés des hommes de Kameto. On ne peut s’empêcher de penser que Woolite aurait peut être pu prétendre à mieux que la LFL cette saison au vu de ses performances de l’année passée mais ce qui est sûr c’est qu’il n’est pas venu en France pour prendre des vacances. Il semble être une jambe au dessus de tout le monde pour le moment et est le principal artisan de l’excellente forme de Misfits Premier.

LEC 2021 : Rogue, pour bousculer l’ordre établi

Rogue sort d’une saison solide. Vainqueur de la saison régulière au Summer, l’équipe s’est un peu écroulée sur la fin de saison et lors des Worlds. Placée dans un groupe complexe, l’organisation n’a jamais su tirer son épingle du jeu et a conclu sa campagne bonne dernière de son groupe. Mais Rogue a parfois été amputé par celui qui fut sa faiblesse apparente, son toplaner Finn. Son remplacement n’a pas surpris tant il a semblé en difficulté en fin de saison dernière. L’équipe a décidé de faire confiance à une valeur européenne sûr sur la tolpane cette saison et aussi remplacé son support Vander par Trymbi, l’un des rookies les plus en vue de cette saison. Globalement, l’effectif s’est renforcé et apparait comme un prétendant sérieux au podium. Année de la confirmation pour Rogue qui semble avoir trouvé son rythme et qui voudra poursuivre sur cette voie.

TOPLANE : Andrei « Odoamne » Pascu

Odoamne sera l’un des joueurs les plus expérimentés de la LEC cette saison. Désormais âgé de 26 ans, celui qui n’a plus quitté la ligue depuis son arrivée en 2014 chez H2k-Gaming est un des meilleurs toplaners d’Europe. Grand artisan de la remontée de Schalke 04 la saison passée, il viendra apporter à Rogue une solidité tout en haut de la carte qui a cruellement manqué la saison dernière. Il vient également avec des ambitions, notamment celle de retrouver les championnats du monde qu’il n’a plus joué depuis sa demi-finale en 2016. Dans un écosystème ou les joueurs de sa génération commencent à se retirer du jeu, Odoamne sait qu’il ne lui reste probablement plus énormément de temps pour ne pas devenir l’un des meilleurs joueurs à n’avoir jamais remporté le titre de champion d’Europe. Cette tâche lui sera rendue difficile par la présence de G2 Esports mais avec ce roster là, tout est possible pour Rogue.

JUNGLE : Kacper « Inspired » Sloma

A l’image de son équipe, Inspired a connu une saison 2020 très convaincante. En peu deçà par moment lors du Spring Split, il a rendu une copie excellente au Summer. Malgré des Worlds quelque peu décevant, Rogue lui a renouvelé sa confiance. On ne peut qu’imaginer que cette saison se déroulera encore mieux que la précédente pour lui au vu de l’amélioration que son équipe a faîte en toplane. Néanmoins, sa qualité de jeu s’est vue quelques peu atténué par le changement de méta. On l’a senti moins à l’aise sur des champions carrys comme Graves ou Lilia que sur des tanks. On se doute qu’il aura profité de l’intersaison pour s’améliorer de ce point de vue et si il connait les mêmes réussites sur ces champions que sur sa Evelynn il devrait à nouveau faire parti de touts meilleurs junglers de la ligue.

MIDLANE : Emil « Larssen » Larsson

L’année 2020 a peut-être été quelque peu redondante pour Larssen. Il a globalement joué avec un champion pool restreint, et a sorti son Azir à 17 reprises la saison passée. Laner très solide, il a globalement joué pour le late game la saison passée en étant une garantie très solide pour les fins de partie de son équipe. On voudrait en voir plus de son coté cette saison, peut être sur des styles de jeu un peu plus varié et un style de jeu plus risqué. Néanmoins, on ne peut pas lui reproche de manque d’efficacité, il a fais une saison complète et propre durant laquelle il a su porter son équipe quand elle a eu besoin de lui. Globalement, Larssen est un excellent joueur et l’un des meilleurs midlaners de la ligue mais pour passer au niveau supérieur, peut être faudra t’il qu’il prenne plus de risque et soit plus entreprenant par moment, il a le mérite d’offrir un service minimum de très haut niveau à son équipe.

BOTLANE : Steven « Hans sama » Liv

En 2020, Hans sama renaquit. Le joueur français a retrouvé le niveau de ses belles heures et fut dans la discussion pour être le meilleur à son poste en Europe. Très à l’aise dans sa nouvelle équipe, il s’est trouvé être un ajout majeur pour l’organisation. Il fut la seule vraie satisfaction des Worlds pour Rogue et sa Ashe a fais des ravages en fin de saison dernière. Tout les voyants son au vert pour Hans sama qui, malgré son expérience, est encore très jeune. La seule question qui se pose désormais est celle de son nouveau compère de botlane. Il faudra voir si l’alchimie entre les deux joueurs passe aussi bien qu’avec Vander mais si Trymbi est tout ce que la scène promet qu’il est, ce devrait être une nouvelle belle année pour Hans sama. On le lui souhaite en tout cas.

SUPPORT : Adrian « Trymbi » Trybus

Trymbi fait partie de la flopée de joueurs d’AGO Rogue qui effectue la transition vers les LEC cette année. Il a changé de ligue et d’équipe en milieu de saison dernière et a gommé les difficultés entrevues chez SK Gaming Prime pour devenir l’un des rookies les plus en vues de l’année. Avec l’équipe académique de Rogue, Trymbi a pulvérisé la scène régionales européenne, en roulant sur la concurrence aux European Masters. Non seulement a-t-il montré qu’il pouvait jouer énormément de champions mais il a montré qu’il pouvait les jouer à la perfection. Il a évolué sur la quasi-totalité des supports disponibles dans le jeu et cela en une demi-saison. Son style et son niveau de jeu ont impressionné et beaucoup d’analystes font de lui le rookie à suivre cette année. Il fera son entrée dans la ligue au coté d’un joueur expérimenté et si l’alchimie passe entre les deux, qui sait ce que Rogue peut accomplir cette saison.

OPINION : Rogue semble paré à l’assaut cette saison. Il y à fort à parier que l’équipe jouera le très haut du tableau une fois encore et sera peut être même à la lutte pour le titre. L’obstacle G2 Esports est conséquent mais à mon avis, si une équipe en Europe peut battre G2 cette saison, c’est probablement celle là. Plus réalistiquement, l’équipe devrait jouer la seconde place du podium contre Fnatic selon toute vraisemblance mais je pense que ce roster a le potentiel de battre Fnatic et de titiller G2. Les deux points d’incertitude sont la capacité d’Inspired a mieux performer sur des jungles carrys et l’alchimie entre les deux joueurs en botlane. Le passage de Finn à Odoamne devrait faire beaucoup de bien à l’organisation qui pourra s’appuyer sur un joueur solide qui n’a pas pour habitude de couter des matchs à son équipe et qui joue le weakside à la perfection. La qualification au Worlds semble être une nouvelle fois l’ambition minimum de l’équipe qui souhaitera probablement mieux y performer que la saison passée.

LEC 2021 : MadLions, gommer et confirmer

Après une année de LEC réussie qui les a notamment vu battre G2 Esports dans un BO5, MadLions s’est un peu écroulé vers la fin de saison. Qualifiée de justesse pour les plays-in des Worlds, le séjour de l’équipe en Chine a été écourté par SuperMassive Esports. Pour cette nouvelle saison de LEC, l’équipe s’est renouvelée sur la toplane et dans la jungle, deux modifications qui ont suivi des performances individuelles décevantes aux Worlds. Le baptème de feu de MadLions a été globalement satisfaisant et la paire que constituent Kaiser et Carzzy est une des grandes révélations de la saison. Cette saison, l’équipe voudra continuer sa progression et de nouveau se qualifier aux championnats du monde pour faire oublier la désillusion qu’a constitué leur fin de saison.

TOPLANE : Irfan Berk « Armut » Tükek

MadLions a remplacé Orome par le toplaner qui l’avait dominé lors des Worlds. Armut a fais toute sa carrière dans la ligue Turque qu’il a remporté à plusieurs reprises et avec 2 équipes différentes. Deux passages aux Worlds pour lui qui se sont toujours conclus par une élimination a l’ultime match de qualification pour le Main Event. En ligue turque, avec SuperMassive, il a connu une saison 2020 crescendo qui l’a notamment vu grandement step up lors des playoffs du Summer Split 2020. Orome a globalement eu une bonne saison l’année passée, spécialement pour un rookie mais à partir des playoffs du Summer Split et même un peu avant, il était possible de voir apparaître quelques difficultés. L’équipe se tourne donc vers Armut qui va découvrir les LEC mais qui n’est pas un joueur inexpérimenté.

JUNGLE : Javier « Elyoya » Prades

Deuxième recrue et deuxième rookie à ce niveau de compétition. Et quel rookie ! La carrière d’Elyoya ressemble à un speed run, le jeune espagnol a été promu dans l’équipe principale des Movistar Raiders il y a à peine plus d’un an et le voilà déjà prêt à faire ses débuts en LEC. Son arrivée en ligue espagnole l’année dernière en a impressionné plus d’un tant il a dominé le reste de la compétition générale. Après un Spring Split de très bonne qualité, il a progressé à grande vitesse et a crevé l’écran lors du Summer Split. Prenant pleinement la mesure de la méta, il a été fulgurant sur Graves notamment. Il faudra voir comment son talent se retranscrit à un niveau bien plus élevé de compétition mais son organisation s’est montré très compétente dans la gestion de ses rookies la saison passée.

MIDLANE : Marek « Humanoid » Brazda

Humanoid sort de deux saisons de très bonne facture. Seul joueur conservé lors de la transition entre Splyce et MadLions, il s’est montré digne de la confiance qui lui a été accordée. Très constant, il est la garantie de MadLions. Sa régularité, ses qualités individuelles ainsi que sa capacité à se fondre dans le collectif ont fais de lui l’un des meilleurs midlaners de la saison passée. Evidemment, la campagne aux Worlds a été décevante mais il a confirmé toutes les belles promesses entrevues lors de son passage chez Splyce en 2019. Celui qui fut le premier joueur tchèque à s’être rendu aux Worlds aimerait probablement devenir le premier joueur tchèque qui soulèvera le trophée de LEC.

BOTLANE :Matyas « Carzzy » Orsag

C’est une entrée en matière réussie pour le jeune botlaner tchèque de MadLions. Une saison de rookie qui l’a vu se qualifier par deux fois en playoffs, battre G2 en BO5 et se qualifier pour les Worlds. Il n’a pas à rougir de sa première saison sur la grande scène européenne et il en a même été l’une des plus grande découverte de la saison passée. Son association avec Kaiser a totalement porté ses fruits. Il a brillé tout au long de la saison et s’est imposé comme l’un des meilleurs joueurs à son poste que l’on sait particulièrement dense. Il y à forte à parier qu’il continuera de progresser cette année, comme Humanoid et Kaiser, il aura à cœur de faire oublier la mésaventure des Worlds et de revenir encore plus fort.

SUPPORT : Norman « Kaiser » Kaiser

Encore une gigantesque satisfaction pour MadLions. Kaiser est véritable bol d’air frais au poste de support qui manquait cruellement de qualité en Europe. Alors qu’il n’avait qu’à peine plus d’un an d’expérience professionnelle au début de la saison dernière, Kaiser a complètement maitrisé son sujet. Vital dans la mise en route des plans de jeu de MadLions, il a brillé par des mouvements intelligents sur la carte et pas son initiative. Son association avec Carzzy a presque immédiatement fais des étincelles et sa solidité a donné l’impression qu’il était un joueur chevronné. Présent dans l’équipe type 3 du Spring Split, il a été désigné meilleur support du Summer Split témoignant déjà de sa progression et de son exceptionnel talent. Il y à peu de doutes sur son potentiel et il sera probablement l’une des forces prédominantes de l’équipe pour cette saison 2020.

OPINION : Après la débâcle des Worlds, MadLions a fais les changements qui s’imposaient. Orome trop en difficulté a été remplacé par l’un des joueurs qui l’avait dominé et Shad0w à qui il était reproché un jeu trop peu diversifié et très unidimensionnel a laissé sa place à l’un des meilleurs junglers des ligues régionales. Sur le papier, l’équipe a donc progressé pour incorporer des éléments plus solides et pour Armut sûrement meilleur que son prédécesseur en autonomie dans une équipe qui ne joue pas vraiment pour le top de la carte. L’équipe s’étant renforcée, le minimum syndical semble être de reproduire les résultats de la saison passée si ce n’est de les améliorer. Il est attendu de cette équipe une qualification pour les Worlds d’autant plus que l’organisation voudra faire oublier les play-in de 2020, peut être MadLions devrait-il faire mieux afin de ne pas avoir à jouer la tumultueuse phase de qualification.

Interview : Solary Supernova

J’ai eu le plaisir de discuter avec Supernova, le coach de la toute nouvelle équipe académique de Solary. Un peu moins de deux semaines avant la reprise de la compétition c’est une bonne occasion de faire un état des lieux et de découvrir un peu plus le coach champion en titre de la deuxième division française de League of Legends.

« J’aimerais commencer par retracer un petit historique, t’es apparu l’année dernière avec Bastille Legacy en division 2 »

En réalité j’ai commencé un peu plus tôt que ça, 6 ou 7 moi pour être précis. J’ai commencé sur l’Open Tour où je m’occupais d’Omerix, structure par laquelle sont passés des joueurs comme Eyliph ou Jezu. A la base, je devais faire mon année chez eux mais j’ai été contacté par Eternity (manager Gamers Origin ex-Bastille Legacy) en janvier par ce qu’il lui fallait un coach, j’ai passé des tryouts et j’ai commencé mon aventure avec Bastille Legacy.

« Finalement, Team BDS récupère le slot et le roster de Bastille Legacy, toi avec, et l’année se passe bien en termes de résultat »

Ça se passe bien, l’année était divisée en deux splits, y’a eu deux trois modifications de calendrier et finalement on est devenu BDS juste avant la période des Underdogs.

« L’équipe se qualifie en LFL mais tu ne fais plus partie de l’aventure, est-ce que c’est toi qui ne voulais pas ou est-ce que l’équipe a simplement pris une autre direction ? »

Les deux sont vrais en fait. BDS a pris une direction pour laquelle moi je ne me sentais pas spécialement prêt, c’est-à-dire que BDS voulait vraiment être compétitif, l’organisation voulait recruter une grosse équipe pour viser la performance aux EU Masters. Ma volonté était de devenir assistant-coach de l’équipe mais ça n’a pas pu se faire et je me suis mis en recherche d’une équipe qui correspondait à mes objectifs. »

« Du coup Solary lance son projet d’équipe académique, comment tu t’es retrouvé impliqué ? Comment s’est passée l’approche avec eux ? »

J’ai eu quelques discussions avec les responsables du projet, d’abord avec Chap puis Taipouz et Caelan puis ça s’est fait assez rapidement. Au début Caelan devait avoir la charge du projet et au fil des discussions ils ont décidé de me laisser une plus grosse marge de manœuvre, voilà en quelques mots comment ça s’est fait.

« Ils ont pris Badlulu de prime abord puis il y a eu les tryouts pour le reste du roster, à quel point tu as été impliqué dans les choix ? »

Il faut savoir que j’ai été en tryouts au même moment, ça veut dire que j’ai eu le droit de donner mon avis sur les joueurs mais les décisions finales ne m’appartenaient pas. Comme je suis arrivé un peu tard, j’ai eu mon mot à dire sur les choix de jungle, d’ADC et de support. Leur choix s’était déjà porté sur Badlulu et Odin à ce moment-là mais je suis très heureux du roster que j’ai à disposition.

« Avant l’interview tu m’as un peu parlé de relationnel avec l’équipe première, comment ça se passe avec Samchaka qui comment à être un coach très expérimenté de la scène ? »

Ça faisait partie de mes envies que dans un projet académique, les joueurs puissent évoluer aux cotés de la line up LFL, que des choses soient organisées entre les deux, qu’il y ait un vrai relationnel. Sam et moi on se connaissait que de vue mais on a commencé à discuter et ça se passe bien entre nous. La bonne entente entre les rosters ça facilite une ambiance de travail saine dont les deux équipes sauront profiter sur le long terme.

Roster 2021 de la Solary Academy qui participera à la Division 2 de LFL

« Finalement, à part iWa qui a joué au FC Nantes la saison dernière, tu récupères une équipe de rookies, comment tu prépares des joueurs à un nouveau de compétition, quelle est ta patte ? »

Ma conception personnelle de la place de coach c’est de comprendre que tu as un groupe de cinq êtres humains et qu’il faut créer la meilleure équipe possible. A partir de là, j’axe énormément mon coaching sur l’équipe, aider les joueurs à se comprendre que ce soit dans le jeu ou hors du jeu. La synergie et l’entente sont les éléments les plus importants pour moi. Il y a toujours des problématiques à régler mais ce qui m’importe c’est quelles sont les solutions que l’on peut trouver en fonction de son équipe et avec son équipe.

« Est-ce que les premières semaines d’entrainement ont permis de dégager un leader naturel de l’équipe ? »

Quand j’étais chez Bastille Legacy, Veignorem était celui qui communiquait énormément mais là tout le monde peut faire des calls, tous les joueurs ont leur mot à dire. Ce qui est important c’est que ce sont des rookies donc ils ont le droit à une marge d’erreur, lorsqu’une décision est prise par l’équipe c’est plus simple d’en discuter après, est ce que c’était le bon call ? Est-ce qu’on pouvait faire mieux ? Plus safe ? iWa fait beaucoup sur la fin de la phase de lane puis tout le monde propose ses idées. 

« Qui dit nouvelle année, dit nouvelle saison pour le jeu, est-ce qu’il y a des changements notables en saison 11 vis-à-vis de la saison 10 ? »

Le plus gros changement ce sont les nouveaux items mais ce n’est pas aussi important que lorsqu’il y a des changements sur la carte. Si tu veux, quand on change la carte, toutes les stratégies changent. Les changements ne sont pas aussi radicaux lorsque ce sont les items qui se renouvèlent, l’adaptation est beaucoup plus rapide. Après, il y a toujours un moment ou quelqu’un apportera quelque chose de nouveau grâce aux changements d’items et ça peut toujours jouer sur la méta. Sinon on voit bien qu’au niveau des champions il n’y a pas eu de gros bouleversements, il y aura toujours de la Nidalee, du Graves, du Jhin mais il y a quelques champions comme Olaf ou Aatrox qui vont un peu revenir grâce aux nouveaux items.

« D’ailleurs, en tant que coach est ce qu’il y a des équipes vers lesquelles tu te tournes spécifiquement pour observer la méta ? »

Pas vraiment, j’essaye d’avoir un œil partout pour proposer le plus de possibilités aux joueurs. La saison passée, on était très axé sur le scalling donc on avait forcément un regard plus attentif sur la ligue coréenne mais là il y à d’autres idées de jeu chez Solary. On reste en deuxième divsion donc les mécanismes de reproduction sont limités par la différence de niveau de jeu.

La deuxième division de la LFL débutera le 25 janvier.

« En parlant de la division, tu enchaines une deuxième saison à ce niveau de compétition, comment tu perçois l’évolution de la ligue au vu des rosters annoncés ? »

Je la trouve très bonne l’évolution. Déjà, on a réussi à trouver deux nouvelles équipes pour rejoindre la ligue, ça en dit long sur la qualité de l’écosystème français. La saison passée, il y avait des vrais écarts de niveau de jeu entre les équipes mais là je pense que toutes les équipes ont su attirer des bons joueurs. La ligue progresse bien, de l’Open Tour à la LFL, on sent que ça se professionnalise à tous les échelons. Pour moi, la ligue va dans le bon sens, il faut juste espérer que la situation sanitaire s’éternise pas trop par ce que les lans sont importantes dans l’écosystème français.

« Finalement, la saison dernière tu as dominé ton sujet avec Bastille Legacy et BDS, il y a eu des games plus impressionnantes que d’autres mais globalement vous avez maitrisé la ligue, est ce que tu appréhendes un peu les premières difficultés ? »

Pas du tout, ce n’est pas le même projet du tout. Chez BTL et BDS, l’objectif était sportif, on voulait se qualifier en LFL et il fallait être premier des équipes non académiques. Finalement on a pris une longueur d’avance et tout s’est bien passé. Solary Academy ce n’est pas la même idée du tout, il n’y a pas de pressions liées à un objectif de performance. Le projet c’est de former des jeunes, de les aider à s’améliorer. On veut montrer ce dont les joueurs sont capables mais ce sont des rookies et développer un bon jeu d’équipe va prendre du temps, ce sont des automatismes qu’ils n’ont pas encore car ils n’ont pas encore beaucoup d’expérience. Chez Bastille Legacy, on a connu des débuts compliqués l’année dernière avec deux games un peu catastrophique. Mais on a rebondi et on a enchaîné huit victoires d’affilée, c’est par ce qu’on a mis un mois à se trouver, à devenir une équipe et c’est le travail que je veux faire avec Solary Academy, créer une équipe. C’est la progression de mes joueurs qui me donnera le sens que j’ai rempli ma mission et fais un bon travail, pas tant les résultats.

« Et pour finir, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter ? Est-ce que t’as un dernier mot ? »

Je prends les choses comme elles viennent, je travaille pour progresser et dans le futur évidemment que j’aimerais aller coacher aux échelons supérieurs mais je suis concentré sur Solary Academy pour le moment. Je souhaite le meilleur pour mes joueurs et pour mes anciens joueurs, Otcomalus, Azra, Chreak, Jaylink, Veignorem, Zenoz ainsi que mes anciens collègues Mew, Lyrith, Eternity, Shac Nicholson. C’est à eux que je souhaite du bien avant tout.

LFL 2021 : Le baptême de feu de la Karmine Corp

La Kameto Corp est devenue Karmine Corp lors de l’intersaison. L’organisation dirigée par Kameto et Prime en a profité pour récupérer un slot en LFL alors qu’elle avait échoué de peu à s’y qualifier la saison passée. Jouissant d’une grande popularité, l’équipe s’est largement remaniée tout en conservant son joueur star, le toplaner Adam qui a montré son potentiel la saison dernière. Cette saison marquera le premier test d’envergure pour l’équipe et même pour l’organisation de façon plus générale. Le staff est allé piocher des éléments un peu partout en Europe et a réussi à constituer un roster tout à fait compétitif. Karmine Corp s’appuiera sur un roster expérimenté pour entourer sa jeune pépite, son mercato démontre de l’ambition et une volonté de ne pas rater son entrée en LFL, surtout que l’équipe sera suivie de près par une grande et dévouée fanbase qui va soutenir ses joueurs à chaque rencontre. L’arrivée de l’équipe dans la ligue est rafraichissante et sa rivalité avec Solary permet de générer de l’intérêt hors du simple enjeu compétitif. L’opposition entre les deux équipes sera sans nul doute la rencontre qui devrait générer le plus d’intérêt de la saison.

TOPLANE : Adam « Adam » Maanane

Adam est une des belles surprises de la saison passée, il est le seul membre du roster originel à avoir conservé son poste cette saison. Son style de jeu très offensif, toujours en recherche de bagarre a séduis la communauté. Il faut dire qu’il apporte un élan de fraicheur à la toplane souvent soporifique. Peu de tanks dans son pool de champion, Adam aime faire des dégâts et prendre l’avantage sur son opposition. Néanmoins, la concurrence va s’élever d’un cran cette saison, il n’est pas dis qu’il pourra se permettre les mêmes largesses que la saison passée sans se faire punir. Il devra probablement canaliser son feu dans un certaine mesure. Adam est encore jeune et sa marge de progression parait immense. Désormais entouré de joueurs plus expérimentés, il y à fort à parier qu’il va énormément bénéficier de côtoyer des vétérans. Il faudra suivre attentivement sa progression cette saison car il pourrait devenir un joueur redoutable.

JUNGLE : Jakub « Cinkrof » Rokicki

La majorité de la scène n’a probablement pas un excellent souvenir de Cinkrof qui avait pris part à la saison désastreuse d’Origen en EU LCS en 2017. Entre temps, il a pris du galon et a voyagé. Après plusieurs saisons de qualités en Espagne, il a remporté la ligue polonaise avec Devils One. Son année 2020 a quelques peu manqué de saveur, marquée par une élimination prématurée en playoffs de Prime League. Il y jouait aux cotés de Scarlet et d’Asza, désormais joueurs de Solary. Il semble être de ceux à qui le changement de méta a souri la saison passée. Très à l’aise sur des carry, sa Lilia et son Graves étaient très respectées en Allemagne. Il s’est très largement amélioré depuis son passage chez Origen et apparait désormais comme un joueur solide et sur lequel il est possible de compter. Sans aucun doute, il est une belle recrue pour la Karmine Corp et il aura probablement envie de performer pour redynamiser sa carrière qui semble stagner malgré ses qualités évidentes.

MIDLANE : Lucas « Saken » Fayard

Comme beaucoup de joueurs de Vitality, Saken sort d’une saison galère. Il a du alterner entre l’équipe académique et les LEC et rien n’a semblé fonctionner comme il le voulait. Miné par ses complications qui ne dépendaient pas de lui, ses performances s’en sont ressenties et il n’a jamais pu performer au niveau qu’on lui connait. Son arrivée chez Karmine Corp est un départ frais pour lui, une opportunité de repartir de l’avant sur des bases plus stables. Réputé par sa Cassiopeia (de laquelle il tire son pseudo in-game), on le sait à l’aise sur la majorité des mages qui constitueront la méta de cette saison. Il retrouve d’ailleurs xMatty avec lequel il avait évolué chez Gentside, une expérience qui s’était plutôt bien passée car l’équipe avait su faire partie des meilleures équipes de France. Cette année sera celle ou Saken aura à cœur de rappeler à tout le monde qu’il est un joueur de haut niveau.

BOTLANE : Matthew « xMatty » Charles Coombs

Après deux saison à rouler sur la ligue Britannique, xMatty débarque en LFL pour retrouver une scène français qu’il a déjà côtoyé par le passé. L’occasion pour lui de retrouver Saken ainsi que Targamas avec lequel il avait remporté le championnat britannique en 2019. Il fait partie de ces joueurs dont le niveau le fait osciller entre les ligues régionales et les LEC. Très constant, il a été le moteur de l’équipe académique de Fnatic durant deux saisons. Malheureusement, sa marge de progression dans l’équipe a probablement été endigué par la présence de Rekkles dans le roster principal. Il se trouve que son rôle est le plus fourni en talent en LEC et cela a probablement rendu son accession à l’élite impossible par moment. Il vient s’essayer dans la ligue régionale la plus forte du continent, peut être dans l’espoir d’attirer l’œil sur lui, il faudra faire fort car le niveau des ADC de LFL parait assez impressionnant cette saison.

SUPPORT : Raphaël « Targamas » Crabbé

Targamas est un des hommes les plus expérimenté de la line-up. Ancien joueur de EU LCS (chez Giants en 2018), il a écumé la scène francophone avec Gamers Origin, Vitality Bee ou encore Misfits Premier. Il a remporté un bon nombre de lans et s’est qualifié deux fois en playoffs de LFL la saison passée. Il jouit d’une excellente réputation et après une saison au coté de Jezu, il retrouve xMatty son ancien coéquipier. La saison dernière, son association avec Jezu a très bien fonctionné et Targamas a été impressionnant de constance et de justesse tout au long de la saison. Il sera, à n’en pas douter, l’un des meilleurs joueur à son poste en LFL.

OPINION : La Karmine Corp a l’occasion de pleinement réussir son entrée en matière. L’effectif est de qualité et outre les questions autour de la construction de leurs synergies, seul Adam apparait comme une interrogation à ce niveau de compétition. Le reste de l’équipe possède assez largement les qualités nécessaires pour briller et si l’effectif fonctionne bien ensemble, il y à la place de jouer les premiers rôles dans une LFL qui parait très stack. Ce véritable baptême de feu permettra de jauger le sérieux de l’organisation qui semble avoir tout fais pour garantir les meilleurs résultats possibles. L’équipe aura l’avantage de pouvoir compter sur ses fans pour être les sixièmes hommes de l’équipe. Personnellement, je vois l’équipe capable d’accrocher les playoffs, pour le reste, cela dépendra probablement de leurs synergies et du niveau d’Adam. Si ce dernier est au niveau qu’on peut attendre de lui, l’équipe est capable d’aller très loin.

LFL 2021 : Misfits Premier, bien plus qu’une simple équipe académique

Vainqueur des European Masters en 2019, Misfits Premier a connu une saison plus plate en 2020 ou l’équipe a tout de même fini en beauté en remportant les LFL 2020 Finals contre Gamers Origin. C’est un roster très remanié que nous propose Misfits cette saison, il semblerait que seul le toplaner Agresivoo soit reconduit (même si ce n’est pas encore officiel). Plus qu’une équipe académique, cette équipe ressemble à une alternative crédible à son pendant de LEC. Tout les joueurs sont de qualités et ont tous un niveau très élevé pour une équipe de ligues régionales. Misfits semble reconduire deux rosters flexibles entre lesquels il ne serait pas surprenant de voir des remplacements au fil de la saison. A n’en pas douter, c’est une équipe qui devrait jouer les premiers rôles en LFL.

TOPLANE : Tobiasz « Agresivoo » Ciba

Les rumeurs qui indiquent qu’HiRit entamera la saison en LEC tandis qu’Agresivoo jouera en LFL ont de quoi surprendre. Le joueur polonais avait complètement maitrisé son sujet la saison passée et semblait prêt pour le grand bain. Son champion pool est immense et il a réussi à complètement changer de style de jeu au fil de la saison tout en gardant son efficacité. Il y à fort à parier qu’il pourrait faire son apparition en LEC au fil de la saison et si il est cantonné à l’équipe académique il aura de quoi être déçu tant son niveau semble supérieur à celui d’un bon nombre de toplaner présent dans l’élite européenne. Ce n’est probablement qu’une question de temps pour lui et une bonne performance toute l’année devrait lui ouvrir les portes des LEC la saison prochaine.

JUNGLE : Lucjan « Shlatan » Ahad

Shlatan débarque de la ligue polonaise, très en vue ces dernières années. Il jouait chez K1CK Neosurf dont la majorité se souviennent comme de l’équipe qui a perdu la finale des European Masters contre LDLC OL la saison passé. Il a remporté l’Ultraliga et a époustouflé la communauté. Très en vue lors de la méta des jungle carry, son style de jeu agressif a plu à beaucoup qui voient en lui un futur talent de très haut niveau. Dans la lignée des jungle polonais on voit déjà en lui un héritier de Jankos et de Selfmade. Présent depuis plusieurs années sur la scène compétitive malgré son jeune âge, c’est encore un joueur qui apparait déjà comme une alternative crédible à son pendant de LEC. Il devrait faire sa marque en LFL et s’imposer comme l’un des meilleurs jungle de la ligue.

MIDLANE : Daniel « Sertuss » Gamani

Après deux saisons ponctuées de succès dans l’équipe académique de Schalke 04, Sertuss arrive en LFL. Légèrement bloqué par le fait qu’il n’aurait probablement eu aucune chance de prendre la place d’Abbedagge, il a signé chez Misfits ou la place de midlaner semble plus ouverte et plus volatile. C’est encore un joueur de grand talent et très apprécié de la communauté, il a remporté la ligue allemande que l’on sait ardue mais n’a jamais réussi à briller aux European Masters. En rejoignant Misfits, il veut clairement franchir un cap et réaliser tout son potentiel. Son champion pool est dense et il a par ailleurs démontré de grandes qualités sur Yone peu après sa sortie. Il est capable de jongler entre les mages et les assassins tout en maintenant des performances de hautes volées. Il faudra le surveiller de très près cette saison car il sera probablement la plus grande menace de la ligue à son poste.

BOTLANE : Pawel « Woolite » Pruski

Petite infortune pour Woolite, il sera le seul joueur de l’effectif d’AGO Rogue de la saison 2020 à ne pas rejoindre une équipe de LEC. C’est un ancien joueur de l’élite européenne ou il n’avait pas laissé un très bon souvenir lorsqu’il jouait chez Rogue. Clairement en difficulté à tout les échelons du jeu il avait fini par être remplacé. C’est un vétéran de la scène dans laquelle il évolue depuis les prémices mais dans laquelle il n’a jamais connu de franc succès. Souvent malchanceux dans les rosters qu’il a rejoins, sa carrière laisse un gout d’inachevé. Ce nouveau défi en LFL pourrait le relancer même si les portes des LEC semblent fermer à jamais pour lui au vu du jeune talent disponible. Son niveau est dans un entre-deux et il devrait faire partie des touts meilleurs joueurs de la ligue surtout qu’il est associé avec un support d’expérience.

SUPPORT : Jakub « Jactroll » Skurzynski

Jactroll fait probablement partie des joueurs les plus critiqués de l’histoire de la scène européenne. Son niveau de jeu et son attitude laissant parfois à désirer, il n’est pas très apprécié par la communauté. Néanmoins, il est bien meilleur que certains veulent parfois l’entendre et si Vitality lui a renouvelé sa confiance pendant 3 ans, il doit bien il y avoir une raison. Désormais chez Misfits, il devrait faire office de capitaine de route lui qui est réputé pour ses capacité à shotcall et à diriger le jeu. Si il est parfois capable de mauvaises performances, on oublie vite qu’il a réalisé une grande saison en 2018 avec Vitality, le potentiel est donc présent à n’en pas douter. Quel que soit l’opinion que l’on peut avoir de lui, il fera partie des meilleurs supports de la ligue, ne serait-ce que par son expérience et ses qualités individuelles.

OPINION : Misfits Premier ressemble clairement à un roster amené à faire des rotations avec l’équipe première, c’est l’esprit que semble avoir l’équipe de fonctionner avec un roster à dix. Cette line-up présentée ici est probablement amenée à changer au fil de la saison mais pour ce qu’elle vaut, elle devrait faire partie des toutes meilleures équipes de LFL. Si il devait y avoir une forme de rotation entre les deux équipes, cela pourrait nuire aux résultats de l’équipe académique mais cela n’est que spéculatif. Sur le papier, c’est un roster qui devrait se qualifier aux European Masters et qui devrait y briller, reste à voir si les promesses sont justifiées.

LEC 2021 : G2 Esports, le monde ou rien

L’intersaison a été émotionnelle pour G2 Esports, l’organisation s’est séparée de son capitaine et joueur vedette Perkz. Le croate voulait absolument retrouver la midlane et il s’en est allé vers Cloud9, G2 lui préférant Caps. Pour le remplacer, l’équipe s’est attachée les services de Rekkles, le meilleur ADC de l’histoire des LEC. Pour beaucoup, ce transfert est probablement la seule amélioration possible pour ce roster qui semble taillé pour le succès international. G2 ne saura probablement plus se satisfaire de remporter les LEC, un championnat qu’il domine très largement depuis deux ans. Sans réel adversaire régionalement et déjà vainqueur du MSI en 2019, G2 se tourne vers les Worlds, seul titre qu’il manque dans l’armoire à trophées d’Ocelote.

TOPLANE : Martin « Wunder » Nordahl Hansen

Wunder a régné sur la toplane la saison passée. Incontestablement le meilleur toplaner de la ligue, il s’est baladé toute la saison sur la voie de haut. Réputé pour son absence totale d’entrainement en dehors des scrims, il a reconnu avoir mis la main à la patte lors des difficultés du début de saison. Il fait partie des meilleurs joueurs du monde à son poste et a très rarement semblé être dépassé, seul Nuguri semble avoir pris le dessus sur lui de façon définitive et imposante. Le conserver était donc un choix évident car tout autre joueur aurait semblé être une perte de qualité. Il aura beaucoup de nouveaux adversaires en toplane cette saison mais au vu de ses entrainements, il ne devrait en entendre parler que lors des matchs officiels.

JUNGLE : Marcin « Jankos » Jankowski

Jankos est peut être le joueur de G2 Esports qui a été le plus en difficulté la saison passée. La méta des jungles carrys n’a pas été du tout à son avantage et il a semblé à côté de la plaque par moment. Rien d’alarmant pour le polonais qui a pu compter sur les qualités individuelles de son équipe pour amortir les contrecoups de certaines de ses performances. Les difficultés qu’on lui trouve doivent être relativisées car finalement, il a dominé la majorité des rencontres qu’il a joué et ses prouesses mécaniques font toujours de lui un jungle de très haut niveau. Il reste le meilleur jungler de l’histoire des LEC et il aura probablement envie de faire taire ceux qui doutent de lui.

MIDLANE : Rasmus « Caps » Borregaard Winther

Il y à une règle qui entoure la scène compétitive de League of Legends en Europe, vous pouvez vous battre autant que vous voulez et avoir toutes les qualités que vous pouvez mais à la fin, c’est toujours Caps qui gagne. Cela fait 6 splits d’affilée que le midlaner danois soulève le trophée de champion d’Europe. N’en déplaise à certains, il est une cheville au dessus de tout le monde en Europe et aucun joueur n’a jamais semblé aussi dominant et facile sur la faille. Il s’est même payé le luxe de remporter le championnat sur un autre poste que la midlane la saison passée et il fait partie des touts meilleurs joueurs mondiaux. Constamment à l’origine de performances de très haute volée, il est dur de trouver des failles à son jeu si ce n’est les quelques apparitions de Craps son alter-égo toujours décidé à int. Caps retrouve Rekkles cette saison avec qui il avait atteint la finale des Worlds en 2018. On sait les deux joueurs bons amis et leur entente a déjà fais des merveilles sur la faille.

BOTLANE : Martin « Rekkles » Larsson

Voilà un transfert qui aura fait couler beaucoup d’encres. Pour la deuxième fois de sa carrière, Rekkles quitte Fnatic pour prendre un train en marche et cette fois ci, il se dirige vers G2, ennemi de son équipe de toujours. Si la pilule a du mal à passer pour les fans de Fnatic, le raisonnement qui entoure sa décision sont on ne peut plus limpides. Rekkles veut retrouver la victoire et surtout connaitre des succès internationaux. Il sait son temps compté et une opportunité comme celle là ne se représentera peut être plus jamais. Celui qui est sans contestation le meilleur ADC de l’histoire européenne vient bonifier un roster qui joue sans botlaner de formation depuis 2 ans déjà. Si Perkz accomplissait un travail tout à fait correct à ce poste, on se doute que Rekkles sera capable de faire beaucoup mieux que le croate. Il reste à savoir comment il saura s’adapter à sa nouvelle équipe et à son nouveau support avec qui il avait failli jouer en 2016.

SUPPORT : Mihael « Mikyx » Mehle

G2 n’a pas épargné Mikyx la saison passée, il a du se coltiner 2 ADC différents avec des styles diamétralement opposés. Mais malgré cela, il a rendu une excellente copie et sa performance aux Worlds n’a fais que confirmer tout le bien qu’on pensait déjà de lui. Il est probablement le support le plus skillé de toute la ligue et également le plus consistant. Il a prouvé une nouvelle fois qu’il faisait parti des tout meilleurs à son poste et il est probablement le meilleur en Europe malgré les bonnes performances d’Hylissang. Il va devoir découvrir un troisième ADC en 2 saisons mais il a déjà prouvé sa capacité d’adaptation et il y à peu de doutes sur le fait qu’il parvienne à trouver sa synergie avec Rekkles.

OPINION : G2 se doit de remporter les LEC cette saison, cela apparait comme le strict minimum au vu du roster en place. Néanmoins, leurs objectifs sont ailleurs, ils l’ont déjà dis à multiples reprises, ce sont des joueurs qui veulent gagner les Worlds, ils ont tous gouté à la désillusion d’une finale perdue et comptent bien soulever la Summoner’s Cup cette année. L’an passé, l’équipe a été surclassé par Damwon qui a roulé sur la compétition. Ils ont fais progresser leur roster autant qu’il le pouvait et maintenant c’est le sort de l’Europe qui est en jeu, ce roster apparait comme le boss final de la scène européenne et si il ne peut pas gagner, peut être que c’est l’Europe qui en est incapable.